Ce soir, la grêle nous a surpris tout autant que la tempête mardi. Heureusement il n’y a pas eu d’accidents de personnes. Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont aidé à faire face aux dégâts que plusieurs parmi vous ont subis.
Cette tempête et la chaleur ne nous ont pas empêchés de continuer la prière commune et les rencontres. N’est-ce pas parfois quand les conditions matérielles sont plus difficiles qu’en nous le sens de ce qui est vraiment essentiel est stimulé ?
Ce soir je voudrais parler d’une question qui nous est souvent posée, à nous les frères : est-il possible de dire un oui à Dieu pour toute la vie, un oui qui tienne bon et qui nous guide dans toutes les tempêtes que nous devons traverser ?
Je crois profondément, non seulement que cela est possible, mais que, en disant un tel oui à Dieu, des énergies s’éveillent en nous, un voile se lève et le sens de notre vie apparaît plus clairement. Mais que signifie dire oui à Dieu ?
Notre oui ne peut qu’être une réponse à son amour, au oui que lui dit à notre existence. Alors tout doit commencer et recommencer toujours par l’écoute de son oui. Comment affiner cette écoute ? Un chemin, accessible à tous, consiste à regarder vers le Christ.
Jésus est venu nous dire ce oui de Dieu. Pour cela il a donné sa vie sur la croix. Ce oui de Dieu pour nous est comme un trésor caché que nous portons au fond de nous-mêmes. Et ce trésor c’est le Christ ressuscité lui-même.
La foi consiste à faire confiance à ce trésor déposé en nous. Parfois nous sentons cet amour, mais nous devons apprendre aussi à faire confiance sans rien ressentir.
L’amour de Dieu qui brûle en nous est plus profond que nos émotions ou notre capacité de comprendre. Donc même si nous sommes dans un brouillard, et justement quand nous sommes perdus dans un brouillard, il importe de raviver la confiance en la présence du Christ.
Le Christ ne nous dicte pas les solutions de nos problèmes, mais il nous dit : « N’aie pas peur, je suis là ». Reconnaître, accepter cette simplicité désarmante de sa présence fait jaillir une source, une vie nouvelle.
C’est cette joie toute simple de sa présence qui fait naître en nous un oui au Christ.
Nous savons que la fidélité à un oui peut être mise à rude épreuve. Nous tous, nous connaissons autour de nous tant de situations de ruptures ! Bien sûr, nous croyons que Dieu n’abandonne pas celles et ceux qui ont connu un échec dans leur engagement à vie. Mais certains jeunes en arrivent à se demander si un projet de fidélité pour toute l’existence est réaliste.
Ce que je voudrais exprimer à ce propos vaut pour tous, pour ceux qui réfléchissent à la fidélité du mariage, la fidélité à une personne vécue comme une consécration au Christ, et pour ceux qui se demandent s’ils sont appelés au célibat, qui pensent au sacerdoce ou à la vie religieuse. A un jeune qui cherche à discerner s’il est appelé à faire un choix pour toujours, je dirais :
Face à un tel engagement, il peut y avoir en toi une hésitation. Mais, en allant plus profond, tu trouveras la joie de te donner entièrement. Heureux qui ne s’abandonne pas à la peur, mais à la présence de l’Esprit Saint.Reculer face à un oui pour toute ton existence signifierait ne plus tenir compte de la soif d’un absolu qui nous habite. Il y a en nous tous le désir d’un amour pour toujours.Peut-être as-tu peine à croire que Dieu t’appelle personnellement et qu’il attend d’être aimé de toi. Sache qu’il se réjouit de ton existence plus que tu ne l’imagines.Dieu t’invite à la liberté. Il ne fait pas de toi un être passif. Par son Esprit Saint, Dieu habite en toi, mais il ne se substitue pas à toi. Au contraire, il éveille en toi des énergies insoupçonnées.Jeune, tu peux avoir peur et être tenté de ne pas choisir, pour garder toutes les possibilités ouvertes. Mais comment trouveras-tu un accomplissement en restant au carrefour ?Accepte qu’il y ait en toi une attente inaccomplie. Il y a dans l’Église des personnes pour t’écouter. Confie-toi ! Un tel accompagnement dans la durée permettra un discernement pour te donner entièrement.Et surtout n’oublie jamais que Dieu, par son Esprit Saint, nous accompagnera toujours, même s’il y a eu une part d’erreur dans nos choix. Quoi que nous ayons choisi, quoi que nous fassions, quoi que nous vivions, Dieu demeure proche de nous.
Avant de terminer, je voudrais saluer avec bonheur la présence d’un évêque venu d’Afrique. Mgr Servillien est du Rwanda, il est responsable de la pastorale des jeunes dans ce pays. Nous le remercions pour la confiance que l’Eglise au Rwanda nous fait en nous invitant à y avoir une rencontre africaine de jeunes.
Vous savez que cette rencontre aura lieu en novembre, avant la rencontre européenne de Rome. Elle nous permettra d’être à l’écoute des jeunes Africains d’aujourd’hui, d’être attentifs à ce qu’ils peuvent transmettre aux jeunes des autres continents.
Ces jours Mgr Servillien nous aide à nous préparer à cette rencontre. Je lui laisse la parole pour introduire la suite de notre prière, qui va encore continuer par le chant :
Je suis très heureux de vivre ces rencontres ici, et aussi que la communauté de Taizé ait choisi de vivre une rencontre internationale à Kigali, au Rwanda. Je vous demande d’accompagner cette décision, et de prier pour que cette rencontre puisse être fructueuse, en particulier pour les jeunes qui sont en quête de Dieu et qui ont tant besoin de trouver un sens à leur vie.