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Au Cambodge en avril 2011

« Nous avons vraiment trouvé une joie toute nouvelle »

Des frères de Taizé étaient à nouveau au Cambodge en avril 2011. L’un d’eux raconte :
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« Ubi Caritas et Amor, Deus ibi est ». Quelle surprise d’entendre ce chant de Taizé ici à Kampong Ko, un tout petit village au bord d’une rivière, près de la ville de Kampong Thom, au centre du Cambodge. Nous y avons été accueillis par un prêtre ami qui nous avait invités à le rejoindre pour l’Eucharistie dominicale. Il nous a fallu 45 minutes en voiture pour y arriver en passant par le village où est né Pol Pot, le leader des Khmers rouges qui ont causé tant de souffrances dans le pays. Plus tard, la route est devenue très étroite, nous avons longé des champs de riz, vu des vaches qui se baignaient dans des étangs, et enfin nous sommes arrivés à l’église. Avant la période difficile des Khmers rouges, il y avait une église en pierre dans ce village, et même un hôpital et une école. Puis tout a changé. L’église a été détruite, les chrétiens ont été confrontés à la violence et menacés de mort, beaucoup ont souffert le martyre. Maintenant, il n’y a pas d’électricité, l’eau du fleuve est utilisée pour tout : faire la lessive, se baigner et même comme source d’eau potable. Les maladies liées à cette situation ne sont pas rares, explique le prêtre. Beaucoup de gens n’ont pas appris à lire et à écrire. Alors la paroisse a pris l’initiative de construire une école sur son terrain. Espoir d’un avenir meilleur.

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La vie n’est pas facile ici, et pourtant nous y avons trouvé beaucoup de joie. Un jeune homme de la paroisse, qui dirige la chorale, nous attendait. Certains de ces jeunes connaissent Taizé parce qu’il y avait des prières régulières avec les chants dans leurs foyers d’étudiants à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Nous étions heureux de nous joindre à eux pour prière, de chanter ensemble « Ubi caritas » pendant l’intercession et d’offrir à Dieu notre espérance pour la paix et la justice dans le monde. Après l’Eucharistie, deux filles de la paroisse nous ont emmenés en bateau de l’autre côté du fleuve pour visiter quelques familles. Quel accueil chaleureux partout ! Nous ne pouvions pas parler beaucoup, parce que peu d’entre eux savent quelques mots d’anglais, mais il y avait toujours un sourire, toujours un signe de joie. Parmi ces pauvres gens qui luttent chaque jour pour leurs besoins quotidiens par leur travail de pêcheurs et dans les rizières, nous avons découvert un signe de ce qu’on peut lire dans la Lettre du Chili : « Parfois ceux qui connaissent la pauvreté et la privation sont capables d’une joie de vivre toute spontanée, une joie qui résiste au découragement. » Nous avons vraiment trouvé une joie toute nouvelle grâce à notre visite dans cette communauté.

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Quelques jours plus tôt, au sud de Phnom Penh, nous avions rencontré environ 50 jeunes réunis pour une formation d’animateurs à Kampong Som. À l’heure actuelle, après avoir connu tant de souffrances et de persécutions, l’Église au Cambodge est sur la voie d’une renaissance. Il est évident que ces jeunes en sont l’avenir. Chaque paroisse du vicariat (diocèse) avait envoyé des jeunes pour ce programme de formation. Certains d’entre eux viennent de familles chrétiennes depuis des générations, mais d’autres sont en train de découvrir la foi. Nous avions été invités à vivre une matinée avec eux. Après un moment de prière avec des chants de Taizé en langue khmère, nous avons continué avec une réflexion biblique, un temps de silence personnel et un partage en petits groupes. Chacun de ces groupes pouvait choisir l’un des trois thèmes de la Lettre du Chili : « Joie, compassion et pardon ». Avant la prière de midi, quelques-uns des jeunes ont partagé avec tous les autres ce qu’ils avaient découvert. Nous avons été heureux de voir que le désir de la joie, la compassion envers les autres et le désir de recevoir et d’offrir le pardon nous sont communs à tous.

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Quelques jours plus tard, certains des jeunes nous ont rejoints pour une prière dans la paroisse BTP de Phnom Penh. Les jeunes de la paroisse et du chœur n’étaient pas du tout certains du nombre de personnes qui viendraient puisque c’était le moment de la célébration du Nouvel An khmer. « Peut-être que seulement quelques personnes viendront, frère », nous avaient-ils prévenus pour que nous ne soyons pas déçus. Néanmoins, ils avaient décidé de préparer l’église avec des icônes, des tissus orange et beaucoup de bougies. À leur surprise, beaucoup de gens sont venus et l’église était pleine. La vénération de la croix a continué longtemps et beaucoup étaient surpris par la diversité des personnes présentes. Outre les jeunes et les jeunes prêtres de la paroisse, il y avait aussi des personnes âgées de la paroisse et des sœurs de diverses congrégations, ainsi que des jeunes qui se préparent depuis trois ans au baptême et qui seront baptisés à Pâques. Il y avait encore un petit groupe avec le pasteur de l’église évangélique où ont lieu régulièrement des prières avec les chants de Taizé, un groupe de malades du foyer catholique voisin de Saint-Élisabeth, et l’évêque était aussi venu.

Ici, dans le bruit de cette capitale très animée, comme dans le village au bord de la rivière, nous avons redécouvert la vérité des mots que tant de gens chantent et prient à travers le monde : « Ubi Caritas et Amor, Deus ibi est – Partout où règnent amour et charité, Dieu est là. »


Lumière d’espérance

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Pendant le mois de novembre 2007, frère Alois, accompagné d’un autre frère, a voyagé en Asie, pour visiter les frères qui vivent en Corée, et pour animer des rencontres de jeunes dans plusieurs pays. Au cours de ce voyage, frère Alois a tenu à faire étape au Cambodge, où les chrétiens ont été durement réprimés durant une période sombre de l’histoire récente. Les frères ont visité les trois diocèses du pays, en allant à Kompong Tom et de là à Kompong Cham, puis à Phnom Penh.

Le 29 novembre, plus de 600 jeunes étaient présents pour une prière à la paroisse Saint-Joseph de Phnom Penh, au cours de laquelle le prieur de Taizé a exprimé sa « grande joie » de venir prier dans la capitale du Cambodge. Méditant sur la phrase du Christ « vous êtes la lumière du monde » (Jn 8,12), frère Alois a pu souligner l’espérance que suscite la renaissance de l’Eglise au Cambodge : « même si votre Eglise est toute petite, sa lumière brille jusqu’à Taizé, chez nous en France. »

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Evoquant la ténèbre qui n’avait pu étouffer la lumière, frère Alois pensait aux entretiens qu’il avait eus, aux récits du passé, à la visite à Tuol Sleng, l’ancienne prison Khmer Rouge. Il avait aussi à l’esprit sa visite à Tan Kok, devenu un lieu de pèlerinage : c’est là que le corps du jeune Mgr Salas, vicaire apostolique, avait été retrouvé près d’une pagode, mort d’épuisement. Tout au long de cette visite, il était clair que la lumière n’avait pas été éteinte par toutes les souffrances passées.

Aujourd’hui, les deux dimensions de la prière et de la solidarité sont intimement liées dans la vie des communautés chrétiennes locales. En plus du travail des ONG, il existe une multitude de petites initiatives discrètes mais répondant à des besoins immédiats. A Kompong Tom, dans un local accolé à la paroisse, un jeune laïc coordonne toute une aide aux handicapés dont un grand nombre sont des victimes des mines. C’est une aide très concrète qui cherche à redonner une autonomie aux handicapés en leur fournissant un fauteuil roulant, ou le minimum nécessaire pour commencer un tout petit magasin.

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A Ko Rokha, des femmes subissant de grands problèmes familiaux, ont reçu une parcelle de terre à cultiver, ce qui leur donne un petit revenu et leur permet de redécouvrir la joie de travailler ensemble alors que l’expérience si négative des travaux collectifs pendant le temps de Pol Pot reste encore dans les mémoires.

A Phnom Penh, la paroisse de Boeung Tumpun a aussi décidé de créer un lieu d’accueil pour prendre soin de gens malades venus des provinces, souvent très pauvres. Frère Alois a souligné ce lien entre prière et solidarité dans la vie des chrétiens : « Il est bon de voir comme vos paroisses et communautés sont des lieux d’espérance, des lieux pour prier ensemble et pour exprimer une solidarité concrète avec les plus pauvres. »

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« La visite de frère Alois a une grande signification pour les chrétiens du Cambodge, c’est comme un signe de leur appartenance à l’Eglise universelle » disait Sok, un jeune Cambodgien de l’équipe de préparation, interviewé par l’agence de presse UCAN. En vivant les lourdes épreuves traversées par le pays, les chrétiens du Cambodge ont trouvé dans la prière le courage de persévérer : c’est une espérance qui rayonne bien au-delà des frontières du pays, et qui nous vient de « la confiance que Dieu est toujours présent dans nos vies, comme dans l’histoire de nos pays. »

En Asie

En novembre 2007, frère Alois et d’autres frères de la communauté ont participé à des prières et des rencontres dans plusieurs pays d’Asie : dans la cathédrale de Bangkok, en Thaïlande ; dans la cathédrale St. John et la cathédrale de l’Immaculée Conception à Hongkong ; une rencontre de jeunes à Yogyakarta, en Indonésie. Il y avait aussi des visites et des prières au Cambodge. Pour chacun de ces évenements, voir les pages appropriées dans le menu.

Dernière mise à jour : 21 avril 2011