Grande-Bretagne

Visites et rencontres en mars 2013

Plusieurs visites depuis Taizé

En mars, deux volontaires, Adeline de l’Allemagne et Maria de l’Espagne ont voyagé dans toute l’Angleterre pour deux semaines. Ils ont visité 18 écoles et ont participé à une prière du soir à l’université de Bath.

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Après la prière à l’université de Bath

Au même moment, un frère de la communauté était aussi en Grande-Bretagne. Les moments les plus forts de ce séjour ont été les prières du soir à Cambridge (St. Edmund’s Church), Norwich (Catholic Cathedral), Birmingham (Anglican Cathedral), à l’université d’York et à Londres (Heythrop College, et St Alban’s Church, Holborn). Trois rencontres ont eu lieu avec les responsables d’aumôneries et d’écoles à Salisbury et à Birmingham pour parler des séjours à Taizé qui se préparent pour l’été 2013. Plusieurs nouvelles écoles prévoient de participer à ces séjours en 2013 et 2014. Le "Jerusalem Trust" a proposé de produire un film documentaire qui sera réalisé au cours de ces séjours d’écoles et universités en 2014.

Octobre 2010

Mon voyage de dix jours en Angleterre a commencé à la Canterbury Christ Church University. L’université a été construite à l’origine comme collège pour la formation d’enseignants pour l’Église, et la chapelle en est l’un des bâtiments centraux. Quand je suis arrivé, l’aumônier, quelques étudiants et le staff s’y trouvaient, au milieu de la prière quotidienne du matin.

En 2010 en Angleterre, plus de 21 000 jeunes de dix-huit ans ont choisi les Religious Studies niveau A (examen de fin d’études), une augmentation de 50 % sur cinq ans. Lors de la rencontre avec les étudiants qui suivent la formation pour devenir enseignants de religion, nous avons parlé d’abord de l’erreur habituelle qui considère que « être religieux », c’est monter dans une boîte qui filtre votre expérience du monde, comme si vous n’étiez pas vraiment ouverts à la vie parce que vous avez accepté une série de réponses préconçues pour affronter les situations que vous rencontrez.

Lorsque nous réalisons que la vie n’est pas quelque chose que nous pouvons observer de l’extérieur comme si nous étions désincarnés, mais plutôt que nous faisons partie de quelque chose de beaucoup plus grand, alors la perspective religieuse devient possible. Et à partir de là, une sorte de réceptivité devient la base de notre regard. Pour la Bible, on pourrait même dire que c’est la perspective fondamentale sur le monde : Dieu prend l’initiative et nous avons à y répondre avant d’être des initiateurs.

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Prière à la cathédrale de Manchester

Après une présentation des rencontres de jeunes à Taizé, nous avons été invités à nous réunir pour la prière de midi dans la chapelle. À notre grande surprise, plus de 60 personnes sont venues à cette assez longue prière au moment du lunch.

La rencontre de Canterbury s’est avérée être une bonne préparation pour le week-end suivant, où j’ai participé à une conférence pour les enseignants de religion. Les organisateurs avaient demandé que des carrefours sur les rencontres internationales de jeunes à Taizé soient inclus dans le programme. Les enseignants de religion dans les écoles peuvent être chrétiens ou d’autres religions, ou même ne professer aucune foi, mais dans cette discipline, il importe que la religion ne soit pas considérée comme un système de réponses toutes faites. Il s’agit en partie d’une étude des différentes communautés de foi, de leurs pratiques et de leur histoire, mais on encourage aussi les étudiants à prendre en considération les « grandes questions » de la vie, une phrase que j’ai entendue à plusieurs reprises.

Une semaine plus tard à Manchester, il y avait un rassemblement pour les étudiants organisé avec le Mouvement chrétien des étudiants. La question de frère Alois dans la Lettre de Chine « Que fais-tu de ta liberté ? » donnait le thème du week-end, et des questions similaires sont aussi revenues : récemment, dans la cathédrale de Westminster, le pape Benoît XVI a dit : « L’un des plus grands défis de notre époque est de savoir comment parler avec conviction de la sagesse et de la puissance libératrice de la Parole de Dieu à un monde qui considère trop souvent l’Évangile comme une limitation de la liberté humaine […]. » Ce défi n’est peut-être pas seulement celui de notre manière de parler aux autres, il touche souvent aussi à notre difficulté à saisir que la foi nous donne une liberté. Quand nous affrontons notre questionnement intérieur et les choix que nous devons faire, cette pensée peut parfois nous traverser l’esprit : Si seulement je n’avais pas toutes ces questions, ces hésitations… alors ma vie ne serait-elle pas moins compliquée, ne serais-je pas plus heureux ? Mais ne regrettons pas ce questionnement et la recherche que nous vivons ! C’est un don, non un problème. Cela peut signifier que la vie est difficile, mais c’est seulement à l’aide de cette recherche intérieure que la vie pourra devenir belle et significative.

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Les bougies, lumière de la résurrection, à la cathédrale de Manchester.

À Bristol, il était fascinant de voir comment les aumôniers de la pastorale universitaire interreligieuse coopèrent. Peu après la prière chrétienne quotidienne de 17 heures, la même salle était utilisée pour une réunion d’étudiants hindous. À Bath, Keele et Durham, il y a eu aussi une prière du soir avec des étudiants. À Keele, la prière de nuit de 22 heures faisait partie d’une semaine organisée par les aumôniers pour inviter les élèves à utiliser la chapelle de l’université, qui se trouve en plein milieu du campus. Cette semaine a été possible grâce au degré inhabituel d’amitié et de coopération tissées entre les divers groupes chrétiens de l’université. À Durham l’idée était d’organiser une mini-retraite comprenant non seulement une prière du soir, mais aussi un exposé sur la question des disciples à Jésus : « Seigneur, apprends-nous à prier », et une prière suivie d’un petit-déjeuner le lendemain. Tout le monde a été surpris, je pense, en voyant un bon nombre d’étudiants dans l’église à 8 heures pour la prière du matin !

Le point culminant du week-end à Manchester a été la prière du samedi soir dans la cathédrale, où le staff nous a accueillis chaleureusement et nous a permis de chercher à travers tout le bâtiment agenouilloirs, coussins, tapis, petits bancs et divers matériels pour la prière. Tout a été utilisé ! Environ 250 personnes ont participé à la prière. Un des aumôniers universitaires a donné une méditation biblique sur les paroles de saint Paul à Timothée : « Je t’invite à raviver le don de Dieu qui est en toi […], car ce n’est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi » (II Tim 1, 6-7) .Cette brève lecture a été lue dans une douzaine de langues par les étudiants qui participaient au week-end.

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Un carrefour de l’après-midi à Manchester

Le dimanche matin il y a eu un bref moment de « forum » où Grace du Ghana, Nebojša de Serbie et Ramail du Pakistan, tous trois étudiants en Angleterre, ont partagé expériences et réflexions sur leurs pays. Puis Anna, une jeune artiste de Londres, qui avait dirigé l’atelier de création de la veille sur le thème « La responsabilité d’apprécier le monde » nous a présenté quelques questions reliant la foi et l’art. Plus tard ce matin-là, l’eucharistie du dimanche matin a été célébrée en mandarin et en anglais à l’aumônerie Saint-Pierre.

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