La Lettre de Taizé

Solidarité avec toute la création

Sur cette page, nous publions des textes sur le thème du dernier numéro publié de la Lettre de Taizé, « Solidarité avec toute la création ». Chacun des témoignages commente un extrait de la « Lettre 2012 – Vers une nouvelle solidarité ».

Conscients des périls et des souffrances qui pèsent sur l’humanité et sur la planète, nous ne voudrions pas nous laisser aller à la peur et à la résignation.
Pourtant le bel espoir humain est sans cesse menacé par le désenchantement. Les difficultés économiques de plus en plus lourdes, la complexité parfois écrasante des sociétés, l’impuissance face aux catastrophes naturelles, tendent à étouffer les pousses d’espérance.
Frère Alois, Lettre 2012 – Vers une nouvelle solidarité
Friedemann (Allemagne)

C’est comme humains, comme enfants du Dieu unique, et pas seulement comme chrétiens, que nous sommes appelés à traiter la Terre et la création entière de manière responsable. Pour moi la motivation de mon engagement environnemental n’est jamais venue d’abord de la Bible, mais plutôt de ma foi personnelle et de l’étonnement devant la plénitude et la beauté de la nature.

L’impératif biblique de «  dominer  » la terre (Gn 1,26.28), qui m’a semblé longtemps cruel, m’est devenu aujourd’hui beaucoup plus clair. En effet, celui qui domine sur nous, Dieu, est aussi celui qui, «  tout joyeux à cause de toi, dans son amour, te renouvelle  » (So 3,17), il est l’époux de son peuple (voir Osée 2), il «  réconforte son peuple  » et «  montre sa tendresse  » (Is 49,13). Déjà dans le Premier Testament, nous recevons donc une image positive de Dieu comme souverain qui peut nous inspirer.

Avec Jésus Christ, le Fils de Dieu vient sur notre terre et, de bien des manières, renverse notre image de Dieu. Par sa vie, sa Passion et sa Résurrection, dans son Évangile, il accomplit le Premier testament, qui trouve ainsi son sens. Quand nous nous attendrions à voir un Fils de Dieu dans la gloire, il vient sur terre comme un enfant dans une crèche, il se tient au bord du Jourdain pour recevoir le baptême, parmi ceux qui attendent le salut, il mange avec les pécheurs et jusque sur la croix il peut aimer et pardonner.

Dans les Béatitudes du Sermon sur la montagne, cet esprit est présent : « Heureux, vous les pauvres : le Royaume de Dieu est à vous » (Lc 6,20). Et il nous dit enfin : « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Mt 25,40)

Quand je regarde le mot Royaume dans la perspective montrée par Dieu et par le Christ, je comprends l’invitation à gouverner la terre comme un appel à me faire aussi petit qu’une graine de moutarde, avec laquelle le royaume de Dieu est aussi comparé (Marc 4,30-34). Nous ne sommes pas disciples du Christ pour exploiter la Terre  ; mais par notre position particulière dans la Création nous avons une responsabilité pour elle, à laquelle nous devons veiller avec soin.

Après que nous ayons tant reçu de la Création, c’est à notre tour de la traiter du mieux possible. Peut-être, dans ce contexte, pourrions-nous, vis-à-vis de la création, nous appliquer à nous-mêmes plutôt le titre de berger que celui de souverain.


Le monde est rempli de nombreuses incertitudes aujourd’hui. Cela peut être très pénible pour beaucoup, en particulier nos jeunes frères et sœurs. Aurai-je un emploi après mes études ? Y aura-t-il de la stabilité là où je vis ? Quelles seront les conséquences des changements climatiques ? Est-ce que cette violence va jamais s’arrêter ? Ce sont des questions fréquemment posées par de nombreuses personnes dans notre monde. Les situations et les circonstances peuvent être difficiles, mais si nous tenons ensemble en croyant fermement que rien ne peut jamais se mettre entre nous et l’amour du Christ, nous pourrons faire face résolument à ces incertitudes.
Rev. Olav Fykse-Tveit, Secrétaire général du Conseil Œcuménique des Églises, message pour la rencontre européenne de Berlin
Abigail (Malte)

Lorsque je regarde ce qui se passe autour de nous – la crise économique, les catastrophes naturelles, etc – je suis déprimée. Je veux aider, mais je ne peux pas. Puis, je me rappelle ce que Dieu nous a assuré : « Moi je connais les projets que j’ai conçus en votre faveur, déclare le Seigneur : ce sont des projets de paix et non de malheur, afin de vous créer un avenir plein d’espérance. » (Jérémie 29,11). Donne-moi donc d’être patiente. Dieu n’a pas encore fini. Il sait ce qui se passe. Il sait ce qui est le mieux. Je dois le laisser faire et mettre mon espoir et ma confiance en Dieu. Il se souciera de tous : « Je vais réaliser une chose nouvelle qui est prête à éclore, ne la reconnaîtrez-vous pas ? J’ouvrirai un chemin à travers le désert et je ferai jaillir des fleuves dans la steppe » (Isaïe 43,19). Il aime chacun de nous. Tout ce que je peux faire, c’est simplement prier pour chacun et lui faire confiance !


La solidarité ne doit pas uniquement être le slogan de certains partis politiques, mais il s’agit d’une promesse qui engage la personne tout entière tant sur le plan de l’action, que sur celui de la prière, du sentiment, de la compassion. Tel est, en effet, le fondement du message évangélique qui lie le croyant, non seulement avec son Créateur, mais aussi avec toute la création.
Patriarche Bartholomée de Constantinople, message pour la rencontre européenne de Berlin
Emilja (Lituanie)

J’ai toujours senti que j’appartenais à la nature. Je suis de ceux qui observent, qui admirent, et qui découvrent tellement de beauté sur cette terre. Je crois que toute existence sur cette planète vient de la même source, celle de l’amour. C’est de cette source dont je viens aussi. Il y a cette connexion mystérieuse nous unissant tous, l’énergie aimante vivant dans chaque être humain, les animaux, les plantes. Elle nous unit, et ainsi il n’y a pas d’échappatoire. Malheureusement, nous avons encore dans nos têtes que nous sommes les rois de ce monde, mais aucun être humain n’existerait sans l’aide de la nature. Je crois que la terre ne dépend pas tant de moi que je ne dépends d’elle. Et la seule chose que je peux faire pour cette terre, c’est de ne pas la blesser encore plus que je ne l’ai déjà fait. Je veux être en paix avec elle, être plus consciente, apporter ma contribution – même petite – pour protéger l’environnement. La terre est merveilleuse, et elle est un don à nous offert pour que nous nous en prenions soin.


Les ébranlements de l’économie mondiale nous questionnent. Les équilibres géopolitiques changent. Les inégalités s’accroissent. Les sécurités d’hier s’avèrent ne plus tenir aujourd’hui. Serait-ce une raison de nous interroger davantage sur les options à prendre pour notre vie ?
Frère Alois, Lettre 2012, note 3
Kate (Etats-Unis)

La nourriture est un thème essentiel aujourd’hui aux États-Unis : d’où vient-elle, comment est-elle produite, qui en profite ? Depuis toujours, j’entretiens un petit jardin potager. Ma famille, particulièrement mon grand-père, m’a appris tout ce que je devais savoir sur le jardinage, par exemple comment cultiver des tomates. Pour moi, c’est une forme de méditation, la fascination de voir la vie grandir lentement à partir de rien. J’y vois un lien avec les paraboles de Jésus qui sont souvent des images agricoles.
Mais en plus, je le fais aussi pour des raisons très pratiques : je peux choisir un peu ce que je mange, je ne pollue pas la terre par le transport ou l’usage de pesticides, et finalement je reçois les fruits de mon labeur. Dans beaucoup de villes, je sais que les églises soutiennent l’existence de jardins communautaires : des lieux où les gens peuvent produire de la nourriture de manière durable.

Dans ce document, vous trouverez les témoignages de jeunes publiés dans la version papier de la « Lettre de Taizé », sans mise en page :

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