États-Unis

Taizé à Chicago

Des jeunes de trente-six états américains, de six provinces canadiennes, quelques mexicains, une quinzaine de Haïtiens et un petit groupe d’européens se sont rassemblés à Chicago du 25 au 28 mai pour une nouvelle étape du pèlerinage de confiance à travers la terre. Précédemment trois frères de la communauté avaient vécu dans cette ville pendant trois mois: une présence toute gratuite, faite de contacts, de visites à des groupes et à des paroisses, dans toute la diversité de cette très grande métropole, avec quelques visites aussi à des jeunes d’autres régions des Etats-Unis et du Canada.

Le premier groupe à se présenter à l’accueil est un groupe de quarante-sept jeunes du Dakota du Sud. Bon nombre d’entre eux sont des Amérindiens. Taizé ne leur est pas inconnu puisque plusieurs d’entre eux ont séjourné à Taizé l’an dernier. Bientôt, ils sont rejoints par des luthériens, méthodistes, épiscopaliens et catholiques de Nebraska, Californie, Nouveau Mexique, New Jersey, une vingtaine de jeunes de la région d’Ottawa...

DePaul à Chicago, la plus grande université catholique des Etats-Unis, n’a ménagé aucun effort pour accueillir tous les participants, transformant pendant trois jours son célèbre centre sportif en lieu de prière. Une moquette posée sur la surface du gymnase permet à tous les jeunes de s’asseoir à même le sol. De grandes icônes de l’amitié du Christ, de la résurrection, de la croix concentrent les regards. La prière autour de la croix est une découverte pour beaucoup. Elle dure longtemps chaque soir. Les chants se succèdent en anglais, espagnol (près de la moitié des catholiques de Chicago sont hispaniques), polonais, avec un chant en lakota, la langue des Amérindiens qui sont présents.

Tous les jeunes sont logés dans des paroisses catholiques et protestantes de Chicago. Accueillis dans des familles, les jeunes ont des échanges chaque matin autour du petit déjeuner et le soir avec leur famille d’accueil. Les carrefours de samedi après-midi permettent aux uns d’approfondir des questions de vie spirituelle, à d’autres de s’intéresser à des défis sociaux tels que l’accueil de réfugiés ou les sans-abris dont s’occupe une équipe, composée de médecins et de travailleurs sociaux. DePaul porte le nom du grand saint français « Saint Vincent de Paul ». Depuis quelques années cette université tente de développer chez les étudiants un sens du service. Le mot revient souvent sur leurs lèvres. Mille-huit cents d’entre eux ont participé cette année à une journée de service. Le principal responsable de cette initiative anime un carrefour sur l’inventivité de l’amour. Dans une autre salle, d’autres jeunes adultes se pressent pour réfléchir à la vie de foi comme un appel à penser et à créer. « Où aujourd’hui aimeriez-vous voir plus de créativité ? » Education, politique, économie, art, musique, rapports sociaux, tous ces domaines sont nommés. Chacun exprime sa préoccupation, son désir de participer à un effort de renouvellement. Un jeune professeur dans un collège réputé explique : « Il ne faut pas confondre pensée critique et cynisme. » Ce qui frappe, c’est l’âge des participants. Ce ne sont pas des adolescents, mais des jeunes qui ont pour la plupart entre 21 et 35 ans. Plusieurs ont déjà une expérience de vie professionnelle. Ils ont à la fois une pensée critique et une espérance. Justement la question sur laquelle ils sont appelés à échanger porte sur l’espérance qui « élargit » notre capacité de réfléchir, accroît le sens du possible.

Un article paru dans le « Washington Post » sur le pèlerinage de confiance à Chicago souligne le sens de l’Eglise que des jeunes découvrent dans ces rencontres. Plusieurs responsables d’Eglises, protestants et catholiques, dont le Cardinal George, archevêque de Chicago, la modératrice des presbytériens, l’évêque méthodiste, participent à la prière de samedi soir. Les méditations de frère Alois sont chaque soir comme un appel à ne pas écouter nos peurs, mais à oser s’engager à la suite du Christ. La rencontre coïncide avec la fête de la Pentecôte. Sur la ville de Chicago, connue pour ses rafales de vent, un souffle est passé.

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