Du Darfour à Taizé en passant par Calais

Au mois de juin, deux parents avec leurs deux enfants, qui avaient dû fuir le Kurdistan irakien, ont été accueillis à Taizé. Une première famille, irako-égyptienne, à Taizé depuis plusieurs années, a beaucoup aidé à leur installation.

Comme la communauté avait fait part de sa disponibilité à accueillir d’autres réfugiés, sept jeunes migrants venus de la « jungle de Calais » sont arrivés jeudi 5 novembre à Taizé, tous originaires du Soudan et âgés de 19 à 26 ans. Plusieurs ont perdu des membres de leurs familles dans le conflit au Darfour, où certains des leurs se trouvent toujours, dans des camps de réfugiés. Les jeunes logent dans une maison du village ; l’accueil des habitants a été très chaleureux.

Plus récemment, d’autres jeunes du Soudan et de l’Afghanistan sont eux aussi arrivés à Taizé.


Aux côtés de la communauté, les élus du village de Taizé et de la communauté de communes du Clunysois soutiennent l’accueil de ces jeunes, ainsi que des associations locales ou des personnes individuelles. À Taizé, Orsi est depuis le premier jour très engagée auprès de ces jeunes. Elle écrit :

Ils sont arrivés à Taizé depuis Calais, un soir sombre de brouillard et de froid. Ils étaient fatigués, effrayés, perdus et ils avaient faim. Ils ne nous connaissaient pas, ils n’avaient pas confiance en nous. Ils n’avaient aucune idée sur le lieu où ils étaient emmenés. Tous ils ont traversé des choses horribles et maintenant ils sont tous demandeurs d’asile. Ils sont musulmans.
 
Le matin du 14 novembre, quand ils ont entendu ce qui s’était passé à Paris la veille, ils se sentaient mal. Leur première réaction était : « Nous sommes désolés, croyez-nous, ce n’est pas l’Islam. » Ils ont répété cela plusieurs fois. Ensuite, ils nous ont demandé s’ils pouvaient prier pour les victimes et leurs familles. Bien sûr, nous leur avons dit oui. Alors ils l’ont fait. Après nous avons pleuré ensemble. Le dimanche à 18h30, comme chaque semaine, il y avait la prière en silence pour la paix dans le monde. Ils étaient contents de venir avec nous.
 
Je pense que face à toutes ces choses difficiles qui se passent autour de nous, notre réponse doit être d’accueillir encore plus, de désirer le partage, de réfléchir ensemble, de chercher à comprendre. Comment montrer que la bonté est plus forte que le mal, que la joie est plus forte que l’horreur, l’espoir plus fort que les ténèbres, la vie plus forte que la mort ?

Dix jours après les attentats de Paris, un temps de prière en hommage aux victimes a été proposé par le Secrétariat interreligieux de Saône-et-Loire, au temple de Chalon-sur-Saône. Deux frères de Taizé y ont participé ainsi que les sept jeunes du Soudan.

Printed from: https://www.taize.fr/fr_article19854.html - 20 January 2022
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