Les icônes dans la prière

Les icônes viennent soutenir la beauté de la prière. Elles sont comme des fenêtres qui s’ouvrent sur les réalités du Royaume de Dieu et les rendent présentes dans notre prière sur la terre. Elles sont un appel à notre propre transfiguration.

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Si l’icône est image, elle n’est pas illustration pure, ni décoration. Elle est le symbole de l’incarnation, elle est présence offrant aux yeux le message spirituel que la Parole adresse aux oreilles.

Le fondement des icônes est, selon saint Jean Damascène (VIIIe siècle), la venue du Christ sur la terre. Le salut est lié à l’incarnation du verbe divin, par conséquent à la matière : « Jadis, Dieu l’incorporel et l’invisible n’était jamais représenté. Mais, maintenant que Dieu s’est manifesté dans la chair et a habité parmi les hommes, je représente le visible de Dieu. Je n’adore pas la matière mais j’adore le créateur de la matière, qui est devenu matière à cause de moi, qui a voulu habiter la matière et qui, par la matière, a fait mon salut ».

Par la foi qu’elle dit, par sa beauté et par sa profondeur, l’icône peut ouvrir un espace de paix, soutenir une attente. Elle invite à accueillir le mystère du salut jusque dans la chair et la création.

L’icône du Christ et son ami

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Le Christ et saint Ménas, supérieur du monastère de Baouit en Moyenne Egypte. Icône copte du VIIème siècle conservée au Louvre, à Paris.

A la fin de la rencontre de Calcutta (octobre 2006) comme aussi le dernier jour de la rencontre européenne de Zagreb (décembre 2006), frère Alois a donné aux jeunes de chaque peuple représenté une icône du Christ et de son ami. Il en a expliqué le sens et il a ajouté : « Cette icône vous aidera à accomplir de petits pèlerinages de confiance dans des lieux où des jeunes se retrouvent, d’une ville à une autre, d’une paroisse à une autre, dans un hôpital ou une maison d’enfants abandonnés, dans d’autres lieux où des personnes souffrent. »

Sur cette icône, deux personnes côte à côte.

Ils se ressemblent : même taille, même silhouette, même regard, même rayonnement de lumière. Ils ne sont pourtant pas identiques : leurs couleurs, leurs amples vêtements et leurs gestes diffèrent.

Ils ne sont pas face à face dans une relation qui nous exclurait, mais ils partagent la même perspective. Leurs visages silencieux, leurs yeux larges ouverts nous accueillent en paix.

Le Christ est reconnaissable par la croix évoquée dans son nimbe. A son côté un compagnon de route. Jésus pose son bras sur son épaule d’un geste qui ne retient pas mais qui montre le lien qui les unit et aussi la responsabilité qu’il lui confie. Il s’appuie sur son ami et l’envoie au devant de lui.

Le compagnon montre le Christ et bénit. Ce dernier geste du Christ sur la terre (Luc 24.50), propre au Sauveur sur les icônes, est accompli ici par le disciple, encouragé par son Seigneur. Bénir, c’est manifester et célébrer que Dieu veut donner la vie en plénitude.

Le Christ porte un gros volume, le disciple un rouleau : la Bonne Nouvelle. Le Christ est la Parole en personne, il a transmis à ses amis tout ce qu’il a reçu de son Père et leur demande de proclamer l’Evangile par toute la terre.

L’icône de la Vierge Marie dans l’église de la Réconciliation à Taizé.

Cette icône a été bénie par le Métropolite Nikodim, de Leningrad, lors de sa visite à Taizé en 1962.

L’icône du Christ et son ami

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