Semaine Sainte 2017

La bonté de Dieu aura le dernier mot

Mercredi 12 avril 2017 - Semaine Sainte


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Avec vous cette semaine, comme avec tous ceux qui viendront à Taizé au long de cette année, nous voudrions chercher comment ouvrir de nouveaux chemins d’espérance, autour de nous et dans le monde.

Il est vrai que nous sommes dans un monde où beaucoup connaissent la désespérance. Les raisons en sont nombreuses. Il y a la violence, les guerres qui se prolongent, les récents attentats en Égypte, en Suède. Cette Semaine Sainte nous donne de suivre jour après jour la passion de Jésus. Lui aussi a connu la violence jusqu’à la mort sur une croix.

Alors où trouver une source d’espérance qui ne tarit jamais ? Où trouver cette source si ce n’est dans la tendresse de Dieu ? Elle est son identité même : Dieu est amour.

Le pape François fait tout pour nous y rendre plus sensibles. Ces deux dernières semaines j’étais à Rome et il m’a été donné d’être reçu par le pape. J’ai été frappé une fois de plus de voir combien il est lui-même témoin de la miséricorde de Dieu, attentif à chaque personne, à chaque situation. A vous tous, je voudrais demander de prier pour lui.


Si nous nous souvenons ces jours de la mort de Jésus, nous célébrerons dans la nuit de samedi à dimanche sa résurrection. Ce mystère nous dépasse mais nous pressentons qu’il est une source de vie nouvelle au-delà de la violence et de la mort.

Désormais, à chacun et à chacune il est possible d’affirmer : ressuscité le Christ est tout proche de toi pour toujours, il t’aime tel que tu es. Bien sûr sa présence ne nous place pas sur un chemin de facilité qui évacuerait toute exigence. Au contraire, accueillir l’amour de Dieu nous encourage à répondre aux exigences de l’Évangile en sachant que la bonté de Dieu aura le dernier mot.

C’est cette confiance dans l’amour de Dieu qui va permettre à notre frère Jean-Daniel, dimanche matin, de dire au Christ un oui pour toujours, en s’engageant pour sa vie entière dans notre communauté. Il vient de Slovaquie, il vit avec nous depuis cinq ans, il s’est longuement préparé à s’engager à suivre le Christ. Sa famille va arriver demain pour s’associer à ce bel événement.

Accueillir l’amour de Dieu nous ouvre à la beauté de la vie : goûter la beauté à travers la nature, l’art, un regard humain, préserver des moment de gratuité. Sans cela notre vie se dessèche.


Accueillir la miséricorde de Dieu et notre cœur s’ouvre à la misère d’autrui, à la pauvreté matérielle comme à toute autre souffrance, aux détresses cachées : celle d’un enfant en peine, d’une famille en difficulté, d’un sans-abri, d’un jeune qui ne trouve pas de sens à sa vie, d’une personne âgée dans la solitude, de quelqu’un qui souffre d’un handicap…

Et cela avec le peu que nous avons. Oui, avec très peu, avec presque rien, nous pouvons nous approcher de ceux qui se sentent exclus, qui sont abandonnés au bord de nos routes.

Et nous ferons cette découverte : les pauvres ont quelque chose à dire, il s’agit non seulement de les aider mais de les écouter et de recevoir d’eux. Souvent les plus déshérités nous aident à accepter nos propres faiblesses. Et encore plus : ils peuvent nous aider à entrer dans une plus grande intimité avec Jésus qui était pauvre parmi les pauvres. Nous pouvons servir Jésus en eux.

Je ne peux pas dans ce contexte ne pas parler de l’hospitalité aux migrants. Les Européens auront beau édifier tous les murs possibles, de toute façon des migrants vont entrer sur notre continent. Les manifestations d’inquiétude ne décourageront pas de quitter leurs pays ceux qui y connaissent des situations de détresse intolérable.

Bien sûr, l’arrivée de tant de réfugiés en Europe pose des questions complexes et personne n’a de solutions faciles. Mais je suis convaincu que nous ne trouverons pas de solution sans contacts personnels. Sans de tels contacts, la peur, qui est compréhensible, risque de prendre le dessus.

A travers de tels contacts peut naître un esprit de fraternité. A Taizé nous accueillons deux familles chrétiennes d’Irak et une famille syrienne musulmane, ainsi que deux groupes de jeunes hommes du Soudan, d’Érythrée et d’Afghanistan. Je ne cesse de leur dire : c’est Dieu qui vous a envoyés à nous.

Et aujourd’hui nos cœurs sont particulièrement proches des 1600 réfugiés qui vivaient dans le camp de Grande Synthe, près de Dunkerque, dans le nord de la France. Ce camp vient d’être détruit par un incendie et des centaines de personnes sont sans abri. Nous prions ce soir pour eux tous.


Je termine. Aujourd’hui, les tensions et les bouleversements de nos sociétés sont tels que tous, nous devons prendre une décision intérieure forte pour ne pas céder au découragement et ouvrir des chemins d’espérance. Quelle décision ?

Elle consiste à plonger nos racines plus profondément dans la Bonne Nouvelle de l’Évangile. La foi, la confiance en Dieu, ne peut pas être une réalité marginale pour nous. Il s’agit ni plus ni moins de mettre toujours à nouveau le Christ au centre de notre vie. Quel beau projet pour cette Semaine Sainte, sur le chemin vers Pâques !

Pour affermir notre confiance, osons croire à la force de l’Esprit Saint. Appuyons-nous sur lui, même s’il est invisible. Il est présent en nos cœurs et dans le monde.

[1Photo : Cédric Nisi

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