Ljubljana 2023/24

Méditations quotidiennes de frère Matthew

Sur cette page sont publiées les méditations quotidiennes données chaque soir à Ljubljana par frère Matthew, du 28 au 31 décembre. Il est aussi possible de participer aux prières en direct grâce aux liens publiés sur cette page.

Jeudi 28 décembre

Quelle joie de nous retrouver tous ensemble ce soir à Ljubljana ! Vous êtes venus des quatre coins de l’Europe et de plus loin encore. Beaucoup d’entre vous avez fait un long voyage et vos paroisses d’accueil vous attendent, alors je vous promets de ne pas parler trop longtemps.

Il est significatif que notre première activité commune soit de nous arrêter, de prier et surtout de rendre grâce à Dieu pour l’opportunité que nous avons durant ces jours de nous rencontrer, de découvrir la vie des chrétiens à Ljubljana et dans ses environs et de cheminer ensemble. « Cheminer ensemble »... tel est le titre de la Lettre que nous avons préparée pour cette rencontre et qui servira de base de réflexion pour l’année à venir à Taizé et dans les rassemblements ailleurs dans le monde.

Au cours de ces derniers mois, nous avons cheminé ensemble avec les différentes Églises de Ljubljana. Une équipe de jeunes volontaires, dont deux que vous rencontrerez demain soir, a visité des paroisses et des communautés ecclésiales pour préparer notre rencontre ensemble avec elles. L’hospitalité que vous recevrez et le programme auquel vous participerez sont le fruit de ce temps de recherche et d’écoute mutuelle.

Dans le monde d’aujourd’hui, il est essentiel que nous trouvions des moyens de mettre notre foi en pratique ensemble, même si nous appartenons à des traditions chrétiennes différentes. Dans l’introduction de la Lettre 2024, vous trouverez les mots suivants :

Comme le dit Jésus dans l’Évangile selon St Matthieu : « Vous n’avez qu’un seul Maître et vous êtes tous frères et sœurs » (Matthieu 23, 8). Tous les chrétiens ne sont‐ils pas des sœurs et des frères, unis dans une communion encore imparfaite mais bien réelle ? N’est‐ce pas le Christ qui nous appelle et nous ouvre un chemin pour avancer avec lui comme des compagnons de route, avec celles et ceux qui vivent en marge de nos sociétés ? Sur ce chemin, dans un dialogue qui réconcilie, nous voulons nous rappeler que nous avons besoin les uns des autres, non pas pour imposer nos opinions, mais pour contribuer à la paix dans la famille humaine.

Gardons ces mots dans notre cœur en cette première soirée de notre rencontre à Ljubljana. Notre cheminement ensemble ces jours-ci est l’expression de notre désir de marcher avec le Christ qui accueille tous les humains sans exception et qui nous demande d’accueillir celles et ceux qui croisent notre route. Ainsi, où que nous soyons, nous apportons une contribution, petite mais réelle, à la paix dans notre monde.

Bien sûr, nous ne pouvons pas être naïfs lorsque nous parlons de paix. Les situations de guerre et de violence présentes et passées ont blessé notre continent européen ainsi que d’autres parties du monde. Nos cœurs sont particulièrement tournés vers nos frères et sœurs d’Ukraine qui ont pu se joindre à nous pour ces jours. Une paix durable va toujours de pair avec la justice pour tous, en particulier pour celles et ceux qui ont souffert.

Mais lorsque, comme dans la lecture de ce soir, nous entendons Jésus dire « Que cherches-tu ? », il nous rencontre dans nos désirs profonds et si nous répondons, il nous invite à ‘venir et voir’, à marcher avec lui, à voir avec ses yeux. Sommes-nous prêts à nous lancer dans cette aventure de la foi, à faire confiance à celui qui nous aime avant que nous l’aimions, à demeurer avec lui ?

Demain matin, dans vos paroisses, vous réfléchirez ensemble sur le thème de l’écoute. C’est le premier volet de la ‘Lettre 2024’, car, comme vous le lirez, « au cœur de tout dialogue, il y a l’écoute ». Soyez prêts ces jours-ci à vous écouter les uns les autres, à entendre ce que l’autre a à vous dire, ainsi que les Écritures et le silence de nos propres cœurs. Peut-être qu’en faisant cela, nous découvrirons que Dieu nous parle. Y sommes-nous prêts ?


Vendredi 29 décembre

Ce matin, dans vos groupes d’échange, vous avez parlé du thème de l’écoute. Quelles sont les choses que vous avez découvertes au cours de ce temps de partage ? Lors des prochains jours, pouvez-vous les garder dans vos cœurs afin qu’elles puissent grandir et s’enraciner ? D’autres idées vous viendront peut-être à l’esprit. Ne serait-il pas intéressant de les noter et d’approfondir ainsi votre réflexion ?

Lorsque nous cheminons ensemble de cette manière, en particulier lorsque chacun d’entre nous vient avec le désir d’écouter et que personne n’impose son point de vue ou ses actions à l’autre, notre rencontre peut souvent être très forte. Notre propre contribution est importante, mais ce que nous recevons des autres, même si cela peut nous remettre en question, approfondit souvent notre compréhension de qui nous sommes – et nous en ressortons enrichis. Jésus lui-même en a fait l’expérience dans sa vie sur terre.

L’accueil de l’étranger est au cœur de l’Évangile. Sur son chemin, Jésus n’a exclu personne de celles et ceux qui venaient à lui, reconnaissant la présence de Dieu même dans ceux qui sont en marge de la société et dont l’origine ethnique ou religieuse est différente ; de même, l’hospitalité simple et désintéressée remet en question notre façon de vivre aujourd’hui.

Ne nous apprend-on pas souvent à défendre nos propres intérêts et ceux des personnes qui ont les mêmes idées que nous ? Lorsque nous vivons de cette manière, notre vision devient plus étroite et nous nous enfermons dans notre propre zone de confort. Bien sûr, nos craintes peuvent être fondées et doivent être écoutées, mais lorsque nous cheminons avec Jésus, il veut nous conduire vers une plénitude de vie que nous n’avions peut-être jamais imaginée auparavant.

Mais il fait tout cela avec une incroyable sensibilité, en respectant notre liberté et en nous donnant le temps dont nous avons besoin pour faire le prochain pas.

Dans le passage de l’Évangile de Jean que nous avons entendu ce soir, les amis de Jésus ont peur. Ils ne comprennent plus vraiment ce qui se passe. Ils ont compris qu’il ne sera plus avec eux pour longtemps, que son amour pour eux et pour toute l’humanité le conduira à la mort et leurs cœurs sont troublés.

Jésus leur dit cependant qu’il ne les abandonnera pas. Il les précédera toujours pour leur préparer une place. Lorsque Thomas exprime son incrédulité en disant : « Nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous en connaître le chemin ? », Jésus le rassure.

Ce que Jésus demande, il le donne aussi. Il est lui-même le chemin, nous pouvons faire confiance à ce qu’il dit et il est la source d’une abondance de vie. Même lorsqu’il est lui-même confronté à une terrible détresse, Jésus est prêt à écouter les craintes de ses amis, à les accompagner dans leur angoisse. C’est une manière de manifester son amour, un amour qui trouvera bientôt son expression la plus profonde lorsqu’il donnera sa vie sur la croix. Et cet amour se révélera plus fort que la mort.

N’est-ce pas cet amour plus fort que la mort qui nous permet d’affronter la vie ? Mais cet amour est un amour humble, qui laisse de la place à l’autre, respecte ses limites et marche avec lui. Nous découvrons ainsi des compagnons de route qui sont prêts à partager notre chemin avec nous dans la communauté des croyants qu’est l’Église, le corps du Christ, mais aussi dans la société.

Demain, dans vos groupes, vous parlerez de la recherche d’un équilibre entre la solitude et la présence des autres. Comment ces deux niveaux sont-ils liés ? C’est un thème important. Comme le dit la Lettre de 2024, « les cordes d’une guitare sont l’une à côté de l’autre, mais c’est lorsqu’elles sont jouées ensemble qu’elles peuvent produire un son harmonieux... »

Notre prière du soir se terminera par un temps de prière autour de l’icône de la croix. Tous ceux qui le souhaitent peuvent venir prier à la croix pour confier à Jésus leurs soucis et leurs difficultés, ainsi que les situations de souffrance dans le monde. Le Christ accueille tous, tels que nous sommes, et comme il l’a fait dans sa vie sur terre, il marche avec nous dans nos questionnements et nos doutes, tout comme il partage nos joies. Rien ne peut nous séparer de son amour.


Samedi 30 décembre

Nous sommes déjà à mi-chemin de notre 46e rencontre européenne ici à Ljubljana. Nous sommes immensément reconnaissants envers les familles et les paroisses qui nous ont ouvert leurs portes et nous ont accueillis si chaleureusement.

Six mois après que je sois devenu frère de Taizé, notre communauté a tenu sa première rencontre Est-Ouest dans cette ville. À cette époque, l’Europe était encore divisée en deux par le rideau de fer, mais malgré cela, il était possible pour des jeunes de tous les pays d’Europe de se rassembler ici. Venant d’Angleterre et ayant grandi avec cette division, j’avais très envie d’y aller. Mais je ne faisais pas partie des frères retenus pour y participer. J’ai été un peu déçu ! C’est donc vraiment une grande joie d’être aujourd’hui à Ljubljana. Notre rencontre de cette année donnera-t-elle le même signe prophétique qu’en 1987 d’une Europe réconciliée ?

Parfois, nos désirs de jeunesse peuvent mettre des années à se réaliser, mais nous ne devrions jamais les oublier. Ils surviennent plus tard d’une manière à laquelle nous ne nous attendions pas ! Comme le dit la Lettre 2024, « cheminer prend du temps, voire toute une vie (…). C’est peut-être là que la patiente endurance et la fidélité entrent en jeu. »

Nous vivons dans un monde qui exige souvent des résultats rapides. S’ils n’arrivent pas, nous pensons parfois qu’il faut tout changer.

Ce soir, nous avons écouté un beau passage de l’Évangile de Jean qui peut peut-être nous aider à avoir un autre regard sur la question. Il nous présente deux thèmes importants. Le premier est la notion de ‘rester’, de ‘demeurer’. Jésus nous demande de demeurer en lui comme il demeure en nous. Demeurer implique quelque chose qui dure, qui n’est pas seulement là pour une courte période. Cela nous parle d’engagement.

Nous pouvons dire plus simplement que parce que Jésus nous aime, nous pouvons l’aimer. Il établit une relation, une relation qui dure. Jésus nous dit que, grâce à cette relation, nous pouvons lui demander ce dont nous avons besoin. Et en faisant cela, nous découvrons une source qui nous permet également d’aimer les autres. Pour décrire cela, il utilise l’image de la vigne et de ses sarments. Les sarments poussent à partir de la vigne et reçoivent de la vigne tout ce dont ils ont besoin. Ils sont à la fois fermement attachés et souples. Les branches peuvent résister au vent et aux tempêtes qui peuvent survenir, tout en demeurant attachées à la vigne.

La deuxième notion est celle de ‘porter du fruit’. Le sarment produit tout naturellement du fruit car il est lié à la vigne. Il ne le produit pas de lui-même. Mais quel est ce fruit ? Un peu plus loin dans l’Évangile de Jean, Jésus dira : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Dans la Lettre 2024, nous trouvons les mots suivants : « Avancer sur ce chemin, c’est prendre le risque de tout donner pour suivre Jésus, afin de pouvoir en toute liberté aimer jusqu’au bout. (...) C’est le chemin de notre vie, par lequel nous passons du statut de serviteurs à celui d’amis du Christ. Le fruit est porté par des vies pleinement vécues. »

Ainsi, l’invitation qui nous est adressée à tous est de demeurer dans le Christ, comme le Christ demeure en nous. Grâce à cela, nos vies peuvent être transformées et nous apprenons ce que signifie vivre non pas uniquement pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres.

Le voyage prend du temps. C’est comme si toute notre vie devenait un pèlerinage. Et vous savez que depuis de nombreuses années, notre communauté de Taizé mène un « pèlerinage de confiance sur la terre ». C’est une manière de vous encourager, vous qui participez aux rencontres de Taizé, à continuer à vivre de ce que vous avez vécu une fois de retour dans votre vie quotidienne. Quelles sont les responsabilités que vous êtes appelés à prendre dans vos pays, dans la société et dans l’Église ? Ce n’est pas facile. Sommes-nous prêts à consacrer du temps à la fois à la prière et à chercher des chemins pour construire la confiance et la compréhension ? De quelles manières pouvons-nous nous investir dans les communautés qui existent déjà, dans l’Église ou dans la société dans son ensemble ?

De temps en temps, ce pèlerinage prend une forme plus concrète, comme ici à Ljubljana pour notre 46e rencontre européenne de jeunes. Au cours de cette année à Taizé, il y aura des rencontres chaque semaine, auxquelles vous êtes tous invités. Mais où aura lieu la 47e rencontre européenne ?

- Ce sera dans un pays où la réunion n’a jamais eu lieu auparavant, dans sa magnifique capitale médiévale...

- Un pays qui compte 2 355 îles et 1 560 lacs...

- Un pays à l’histoire culturelle riche, mais qui a souvent été à la merci de ses grands voisins...

- Un pays où un changement pacifique a été apporté dans les années 1990 par une révolution chantante.

La prochaine rencontre européenne aura lieu à Tallinn, la capitale de l’Estonie.

Demain, nous parlerons davantage du pèlerinage de confiance sur la terre, avec quelques idées nouvelles sur la manière dont nous pouvons continuer à cheminer ensemble jusqu’à la prochaine rencontre. Nous allons maintenant prier autour de la croix, comme hier soir.


Dimanche 31 décembre

Nous voici à notre dernière rencontre du soir à Ljubljana. C’est le moment de réfléchir à la manière de traduire en actes ce que chacun de nous a découvert ces jours-ci. Que signifie pour nous cheminer ensemble dans le monde d’aujourd’hui ?

Hier, alors que je parlais de notre pèlerinage de confiance sur la Terre, je vous demandais quelles sont les responsabilités que vous êtes appelés à assumer dans vos pays, dans la société et dans l’Église. Sommes-nous prêts à donner du temps à la fois pour la prière et pour rechercher des chemins pour construire la confiance et la compréhension ? De quelles manières pouvons-nous nous investir dans les communautés qui existent déjà, dans l’Église ou dans la société dans son ensemble.

Quand nous regardons les différentes situations de violence dans nos sociétés, les situations de guerre et de conflit, tout près de nous ou au loin, quand nous entendons le cri de la Terre, de la Création de Dieu blessée dont notre famille humaine blessée fait partie, nous nous sentons si souvent perdus. Tout est lié. Notre désir de paix est intimement lié à l’appel à sauvegarder la Création. Parfois, nous ne savons plus de quel côté nous tourner et nous nous demandons même “Où est Dieu dans tout ça ?”.

Mais n’était-ce pas aussi l’expérience qu’ont vécue les amis de Jésus lorsqu’il est mort sur la croix ? Ils avaient mis toute leur espérance en lui, mais à la fin, très peu d’entre eux sont restés avec lui. Pourtant, le moment est venu où ils ont compris que même la mort ne pourrait pas les séparer de cet amour qu’ils avaient vécu. Certains d’entre eux ont même déclaré avoir vu Jésus ressuscité des morts.

Le passage de l’Évangile de Jean que nous venons d’entendre nous parle d’un des amis de Jésus qui n’était pas là quand les autres l’ont vu. Thomas est sincère, mais il pose aussi ses conditions personnelles. Se sentait-il blessé parce qu’il ne pouvait pas voir ce que les autres avaient vu ?

Thomas est un homme qui se pose des questions sur tout. Vendredi soir, nous l’avons entendu demander à Jésus comment ses amis et lui pourraient connaître le chemin à venir. Il n’y a jamais à avoir peur de nos questionnements, ni même de nos doutes. Dans le passage de ce soir, le doute de Thomas devient le lieu de sa rencontre avec Jésus. Comme Thomas le voulait, Jésus vient à lui. Ses premières paroles ne sont pas un reproche, mais “la paix soit avec vous”. Il invite Thomas à toucher ses blessures et à avoir confiance. En voyant Jésus, Thomas s’exclame “Mon Seigneur et mon Dieu !” Il n’a plus besoin de toucher Jésus, car cette rencontre a guéri les blessures de Thomas.

À nouveau, Thomas peut croire. À nouveau, il peut se sentir membre du groupe des amis de Jésus. Il n’est plus isolé dans son doute, mais membre d’une communauté. Dans la Lettre 2024, vous trouverez un proverbe du peuple Kikuyu, de l’Afrique de l’Est : “Ce qui fait qu’un long voyage semble court, c’est que nous marchons ensemble”.

Sommes-nous prêts à marcher ensemble, avec d’autres ? Jésus promet une joie à celles et ceux qui mettent leur confiance en lui, même sans l’avoir vu. À travers cette confiance, la joie est offerte à chacun d’entre nous et elle se renforce lorsque nous cheminons ensemble. Nous partageons un même chemin avec beaucoup d’autres personnes – vous l’avez découvert ces jours-ci.

Je ne peux pas oublier la veillée de prière œcuménique nommée ‘Together’ (Ensemble) que nous avons vécue place Saint Pierre à Rome le 30 septembre. À l’invitation du pape François, nous nous sommes rassemblés, comme Peuple de Dieu venant de différentes traditions chrétiennes, de milieux très différents, de toutes les couches de la société. Dans la prière, l’intercession et le silence, nous avons confié à l’Esprit Saint le travail du synode des évêques de l’Église catholique. Ensemble avec le pape François, vingt responsables et représentants de différentes Églises ont donné une bénédiction commune. Ensemble, ils se sont tenus debout en prière devant la croix.

Le synode dans l’Église catholique est un processus continu qui conduit à une deuxième session qui aura lieu en octobre 2024. En tant que jeunes, comment pouvez-vous prendre part à ce cheminement ? L’invitation du pape François montre clairement que la contribution de chrétiens de toutes traditions est bienvenue. Sommes-nous prêts à marcher sur le même sentier ?

Si nous sommes capables de faire cela, alors, comme le levain dans la pâte, chrétiens tous ensemble, nous pouvons faire bouger les choses. La paix entre nous ne donnerait-elle pas plus d’espoir pour la paix dans le monde ? Sommes-nous prêts à nous mettre en route en pèlerins de paix d’ici à la rencontre européenne de Tallinn, en continuant notre pèlerinage de confiance sur la Terre ?

Pour la veillée ‘Together’, plus de 200 initiatives ont été organisées partout dans le monde, en lien avec la prière à Rome. Pourrions-nous nous donner la période jusqu’à Pâques 2024 comme un temps de réflexion pour voir quelles initiatives nous pouvons entreprendre en tant que pèlerins de paix dans nos différents pays aujourd’hui ? Comment pouvons-nous prier, nous rencontrer, et même marcher d’un lieu à un autre, d’une église à une autre pour chercher des chemins de paix ?

Nos nouveaux frères passent une année en dehors de Taizé dans le cadre de leur préparation à engager leur vie dans notre communauté. Je voudrais demander à notre Frère Matthias de nous partager une expérience qu’il a vécue au Brésil cette année.

L’année dernière, avec notre frère Hendrik, nous avons participé à un pèlerinage animé par une petite communauté appelée ’Trindade’. Il s’agissait d’une semaine de marche, d’une centaine de kilomètres, sous le chaud soleil brésilien, avec un groupe de 15 personnes. La plupart d’entre nous n’étaient pas de grands marcheurs. Nous avons tous voyagé avec un minimum de choses, avec un petit sac comme celui-ci. Nous avons utilisé nos chaussures de tous les jours. Certains d’entre nous ont fait tout le chemin avec des tongs !
 
Nous venions tous de milieux très différents. Certains avaient vécu très pauvrement dans la rue pendant de nombreuses années. Mais nous avons marché ensemble, nous avons transpiré ensemble, nous avons contemplé les mêmes paysages, nous avons partagé les mêmes pauses en chemin, nous avons ensemble demandé de l’eau quand nous en avions besoin, nous avons prié ensemble, et chaque soir nous avons vécu ensemble un accueil chaleureux et surprenant. Tout cela nous a simplement et profondément unis. Cette unité dans notre groupe très divers a été pour moi un humble signe de paix.

Donc, je voudrais vous inviter tous à vous mettre en route en pèlerins de paix, en commençant par la prière pour la paix de ce soir dans les paroisses qui vous accueillent. Écrivez-nous pour partager les initiatives que vous prendrez en utilisant l’adresse qui se trouve dans l’application de la rencontre européenne. Et ensuite, venez à Taizé à Pâques, nous vous donnerons d’autres nouvelles. Oserons-nous nous mettre de nouveau en route, non pas seuls, mais avec d’autres, enrichis mutuellement en cheminant ensemble ?

Printed from: https://www.taize.fr/fr_article37379.html - 25 May 2024
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