Osez écouter
Jeudi 16 octobre 2025
Vous êtes tous venus ici avec un désir, une aspiration : celle de passer du temps avec d’autres, mais aussi seul. Chacun de vous ne cherche-t-il pas quelque chose ? Si Jésus vous demandait : « Que cherches-tu ? », que répondriez-vous ? Ce sont les premiers mots qu’il prononce dans l’Évangile selon saint Jean, adressés à deux personnes qui voulaient le suivre.
En ce moment, je prépare la Lettre qui accompagnera les rencontres à Taizé l’année prochaine. Pour m’aider à la rédiger, j’ai demandé à six de nos volontaires de réagir à ces paroles de Jésus. Ce qu’ils ont partagé a donné la trame du texte. Ensuite, j’ai invité nos nouveaux frères à relire avec moi ce qui avait été écrit.
Ces deux derniers soirs, nous avons suivi le récit de la rencontre entre Jésus et un homme appelé Nicodème, dans l’Évangile de Jean. Bien qu’il ait entendu parler de Jésus, il lui était difficile de poser ses questions en public, et il vient le voir de nuit. Avait-il peur ? Et quand Jésus lui répond, il ne comprend pas pleinement ce qu’il lui dit.
Jésus essaie d’expliquer à Nicodème qu’il existe une liberté en Dieu : comme le vent qui souffle où il veut, ainsi en est-il de ceux qui sont conduits par l’Esprit. Jésus offre une vie nouvelle et éternelle à tous ceux qui mettent leur confiance en lui.
Au cours de cette semaine, ici à l’église, un jeune m’a demandé comment prier, un autre cherchait à retrouver la foi qu’il avait connue dans son enfance, et une troisième se demandait si elle était sur la bonne voie, même si elle faisait ce qu’elle avait toujours rêvé de faire.
En les écoutant et en leur posant quelques questions, j’ai essayé de dire à chacun : « Osez écouter ce qu’il y a de plus profond en vous. Laissez vos intuitions vous guider. » N’est-ce pas là que l’Esprit souffle en chacun de nous, faisant naître quelque chose qui nous permet d’espérer au-delà de toute espérance ?
Nos questions les plus profondes sur la foi authentique, la vie et la mort, le sens et le but de notre existence demeurent souvent inexprimées ; et tant qu’elles le restent, comme pour Nicodème, quelque chose en nous demeure insatisfait. Une ligne de fracture s’étend entre ce qu’il vivait le jour et ce qui l’habitait la nuit.
Dans notre quête, aurons-nous le courage de suivre nos questions jusqu’à ce qu’elles nous conduisent à la source de la vie ? Nous avons soif de sens. Lorsque nous suivons le Christ, nous arrivons à un point où nous devons nous jeter en Dieu comme dans un abîme. Mais, à notre grande surprise, nous découvrons que cet abîme est rempli d’amour et de bonté.
Demain, nous entendrons que le sens de la vie de Jésus n’était pas de juger le monde, mais de permettre à chaque être humain de comprendre qu’il est aimé de Dieu. Il vient nous montrer le chemin d’un amour plus grand. N’est-ce pas là son secret ?
Plus tard, Nicodème rejoindra le groupe des amis de Jésus. En fait, lorsque ceux-ci furent dispersés, il a montré, avec un autre, un grand courage. Ce courage l’a conduit à appartenir, à entrer dans la communauté.
Lorsque vous quitterez Taizé, continuerez-vous à chercher Dieu dans la prière, dans le silence, à travers sa Parole et dans vos communautés d’Église locales ? Si nous pouvons cheminer ensemble avec d’autres, notre espérance peut se renouveler et nous donner un nouveau courage en nous soutenant mutuellement.
Questions
Grande est notre joie cette semaine, alors que la paix est revenue dans la bande de Gaza après deux années de guerre. Nous rendons grâce à Dieu pour l’espérance de la paix et pour le retour sain et sauf des otages encore en vie auprès de leurs familles. Que l’Esprit Saint inspire dans le cœur de tous, en Palestine et en Israël, le désir d’une paix durable et juste, et qu’il accorde le discernement nécessaire à ceux qui portent des responsabilités politiques pour le bien commun.
Nous n’oublions pas la guerre en Ukraine, ni tous ceux qui subissent les effets de la violence au Soudan, en Haïti, au Myanmar et dans tant d’autres lieux de notre monde. Venez nous rejoindre demain soir pour prier pour la paix à 20 h, ici dans l’église. Notre prière se fera en silence, en communion avec ceux qui, face à ce qu’ils traversent, n’ont plus de mots.
À la fin de cette année, notre rencontre européenne annuelle aura lieu à Paris et dans la région d’Île-de-France. Une équipe de volontaires prépare cette rencontre avec quelques sœurs de Saint-André et des frères de Taizé. Si vous avez entre 18 et 35 ans, venez nous rejoindre : nous vivrons ce que nous espérons être un signe humble de prière, de paix et de réconciliation dans le monde d’aujourd’hui.
Publié le 16 oct. 2025