Méditation de Mgr Rodolfo Valenzuela

L’espérance de Pâques

Vendredi 29 août 2025 | Semaine de Réflexion 2025
Taizé

Jésus arriva avec ses disciples à un endroit appelé Gethsémani et il leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. » Puis il emmena avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commença à ressentir de la tristesse et de l'angoisse. Il leur dit alors : « Je suis triste à mourir ; restez ici et veillez avec moi. » Il alla un peu plus loin, se jeta face contre terre et pria en disant : « Mon Père, si c'est possible, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux. » Il revint ensuite et trouve les trois disciples endormis. Il dit à Pierre : « Ainsi vous n'avez pas été capables de veiller avec moi même une heure ? Veillez et priez pour ne pas entrer dans l'épreuve. L'être humain est plein d'ardeur, mais il est faible aussi. » Il s'éloigna une deuxième fois et pria en disant : « Mon Père, si cette coupe ne peut pas être enlevée sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » Il revint encore auprès de ses disciples et les trouva endormis ; ils ne parvenaient pas à garder les yeux ouverts. Jésus les quitta de nouveau, s'éloigna et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles. Puis il revint auprès des disciples et leur dit : « Vous dormez encore et vous vous reposez ? Maintenant, l'heure est venue et le Fils de l'homme est livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous, allons-y ! Voyez, l'homme qui me livre à eux est ici !» (Matthieu 26,36-46)

 

Le texte que nous entendons se trouve dans ce qu'on appelle la prière au jardin. Après le dernier repas et avant son arrestation, Jésus va prier. « L'Heure » approche, l'heure de la révélation de qui est vraiment Jésus et quelle est réellement sa mission.

La scène décrite dans le texte de Matthieu se déroule au moment où Jésus traverse sa plus grande crise. À plusieurs reprises, il a tenté d'expliquer à ses disciples qu'il devait être livré à la mort par ses ennemis et ressusciter le troisième jour, mais ils ne l'ont jamais vraiment compris.

Ses disciples envisageaient autre chose : le Messie – tel qu'ils le comprenaient – devait triompher de ses ennemis et non être vaincu par eux. Leur peuple qui était opprimé et exploité attendait fortement un mouvement révolutionnaire qui changerait les choses par la force et imposerait un nouveau pouvoir.

Jésus, cependant, était convaincu qu'il devait souffrir et mourir. Il ne se considérait pas comme un Messie socio-politico-militaire, ce qui aurait correspondu aux attentes de nombreux Juifs qui espéraient la libération politique d'Israël, mais comme le Messie qui est le serviteur souffrant qu’il avait découvert dans le prophète Isaïe et sur lequel il avait médité. Isaïe parle, à travers des chants, d'un serviteur de Dieu qui libérerait son peuple en étant trahi et en souffrant et non grâce au pouvoir, en triomphant ou en dominant ses ennemis.

Jésus sait que « son heure » est venue, l'heure de sa manifestation en tant que serviteur souffrant, qui s'est totalement dépouillé de son pouvoir et se manifeste en « son » temps comme victime faible et fragile du mal, de ses ennemis. Il sait que c'est là son chemin, celui qu'il a choisi. Il éprouve néanmoins un sentiment de rejet de la souffrance et de la mort, ce qui fait partie de la nature humaine.

Jésus est entre les mains du Père et il sait que celui-ci ne l'abandonnera pas, même si ce qu'il ressent et vit à ce moment-là, c'est l'abandon et la tristesse. Mais c'est là que réside son ESPOIR. Il y a des moments dans la vie où nous nous sentons seuls et abandonnés. Le véritable espoir repose sur la certitude que quoi qu'il arrive, nous sommes entre les mains du Père, l'Abba. L'espoir ce n'est pas la certitude de vaincre par la force ceux qui sont différents ou qui s'opposent à nous mais la certitude que, même dans cette situation difficile que nous pouvons vivre personnellement, en tant que société ou en tant que communauté, Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus, le Messie, ne nous abandonne jamais.

Cette espérance est également nécessaire dans la vie sociale, alors que notre monde est marqué par les guerres et la soif de domination et de pouvoir. Elle est aussi nécessaire dans les Églises et les religions, même si elle semble parfois être une espérance contre toute espérance.

Le monde nouveau, fait de simples service et d'amour du prochain est DÉJÀ une réalité présente, tout comme à l'heure de la prière dans le jardin, où Jésus est abandonné par ses disciples qui sont endormis et inconscients, heure de complot de ses ennemis pour l’éliminer, Jésus s’abandonnait déjà dans les mains du Père et restait fidèle à sa conviction : le service et l'humilité sont ce qui vainc le mal, et non la domination, l'arrogance et le pouvoir.

La prière de Jésus au moment le plus difficile de son agonie, alors qu'il doit affronter seul le pouvoir du mal, nous enseigne également à être fidèles à nos convictions, en particulier à la conviction que Dieu est notre Père en qui nous pouvons toujours avoir confiance.

 

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Semaine de réflexion pour les 18-35 ans
Méditations

Publié le 29 août 2025