sœur Sonila

Méditation du 3ème dimanche de l’Avent

Isaïe 35, 1-10 ; Matthieu 11, 2-11
Taizé

La question de Jean me surprend : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Est-ce bien le même Jean ? Celui qui a tressailli d’allégresse dans le ventre d’Élisabeth ? Celui qui a désigné Jésus du doigt en disant : « Voici l’Agneau de Dieu ! » Celui qui affirmait ne pas être digne de défaire la courroie de ses sandales ?

Alors… pourquoi ce doute ? Pourquoi cette inquiétude, cette fragilité qui soudain monte ?

Cette question n’est pas seulement une faiblesse de la part de Jean : elle a du sens. Elle touche à l’identité - celle de Jésus, celle de Jean, la nôtre peut-être !  Elle dit la peur de s’être trompé, comme nous parfois lorsque nous sommes pris dans nos propres prisons : prison de la peur, prison de la routine, prison de nos projections ?

Et si cette question était un appel ? un appel à sortir de nos enfermements, à nous remettre en marche, à laisser Dieu nous recentrer ailleurs qu’en nous-mêmes.

Jésus répond simplement :

« Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute. »

Autrement dit : regardez. Regardez ce que Dieu fait. Regardez et comprenez avec l’intelligence du cœur que chacun nous avons. Et cela fait appel à notre liberté.

Jean est celui qui prépare le chemin. Marcher, c’est avancer sans tout comprendre. C’est accepter que le chemin se fasse en marchant. Comme ces petites distances que nous connaissons bien, ces allers-retours familiers, pleins de tout et de rien… et pourtant pleins de présence. Et le chemin, c’est d’abord une manière de regarder.

Alors aujourd’hui, peut-être pouvons-nous accueillir la question de Jean comme une invitation :

Et toi, qu’entends-tu ? Que vois-tu ? Quels signes de vie, de lumière, Dieu dépose-t-il sur ton chemin ?

Le Royaume s’approche là où nos yeux s’ouvrent, là où nos pas recommencent. Là où nous osons dire : « Oui, je marche… et le chemin s’ouvre doucement. »

Isaïe nous dit sur quoi il s’ouvre : joie éternelle sur tous les visages, joie débordante. ( traduction de la Zebible )

Méditations

Publié le 16 déc. 2025