Méditations mensuelles

Novembre 2005

Au-delà de toutes les barrières

Actes 10, 1-48
À Césarée vivait un homme nommé Corneille, centurion de la cohorte dite italienne. Il était, avec toute sa famille, un homme pieux et craignant Dieu ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple et priait Dieu continuellement. Un jour, vers trois heures de l’après-midi, il eut clairement une vision : il vit un ange de Dieu entrer chez lui et lui dire : « Corneille ! » Corneille le regarda avec crainte et répondit : « Qu’y a-t-il, Seigneur ? » L’ange lui dit : « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu en mémorial. Maintenant donc, envoie des hommes à Joppé et fais venir un certain Simon surnommé Pierre. Il est logé chez Simon le corroyeur, dont la maison est près de la mer. » Dès que l’ange qui lui parlait fut parti, Corneille appela deux de ses serviteurs et un soldat pieux parmi ceux qui étaient à son service. Après leur avoir tout raconté, il les envoya à Joppé. Le lendemain, comme ils étaient en route et approchaient de la ville, Pierre monta sur la terrasse vers midi pour prier. Il eut faim et voulut manger. Pendant qu’on lui préparait le repas, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, et quelque chose comme une grande nappe descendait, tenue par les quatre coins, jusqu’à la terre. Il y avait là tous les quadrupèdes, ainsi que les reptiles de la terre et les oiseaux du ciel. Et une voix lui dit : « Lève-toi, Pierre, tue et mange. » Mais Pierre répondit : « Certainement pas, Seigneur ! Je n’ai jamais rien mangé de souillé ni d’impur. » Une deuxième fois, la voix lui parla : « Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le regarde pas comme impur. » Cela arriva trois fois, puis aussitôt l’objet fut remonté au ciel. Tandis que Pierre cherchait en lui-même ce que signifiait la vision qu’il avait eue, voici que les hommes envoyés par Corneille, s’étant renseignés sur la maison de Simon, se présentèrent à la porte. Ils appelèrent pour demander si Simon surnommé Pierre logeait là. Et comme Pierre réfléchissait encore à la vision, l’Esprit lui dit : « Simon, trois[a] hommes te cherchent. Lève-toi donc, descends, et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés. » Pierre descendit vers ces hommes et dit : « Me voici, je suis celui que vous cherchez. Pour quel motif êtes-vous venus ? » Ils répondirent : « Nous venons de la part du centurion Corneille, un homme juste et craignant Dieu, à qui toute la nation juive rend un bon témoignage. Un saint ange lui a ordonné de te faire venir dans sa maison pour entendre ce que tu as à lui dire. » Pierre les fit alors entrer et leur donna l’hospitalité. Le lendemain, il partit avec eux, accompagné de quelques frères de Joppé. Le jour suivant, il arriva à Césarée. Corneille les attendait et avait réuni ses parents et ses amis intimes. Au moment où Pierre entra, Corneille vint à sa rencontre et se jeta à ses pieds pour se prosterner devant lui. Mais Pierre le releva en disant : « Lève-toi ; moi aussi, je ne suis qu’un homme. » Tout en s’entretenant avec lui, Pierre entra et trouva beaucoup de personnes réunies. Il leur dit : « Vous savez qu’il est interdit à un Juif de fréquenter un étranger ou d’entrer chez lui. Mais Dieu m’a montré qu’il ne faut dire d’aucun être humain qu’il est souillé ou impur. C’est pourquoi, appelé par vous, je suis venu sans faire d’objection. Je vous demande donc pour quelle raison vous m’avez fait venir. » Corneille répondit : « Il y a trois jours, à cette heure-ci, à trois heures de l’après-midi, j’étais en prière dans ma maison, et soudain un homme en vêtement éclatant se tint devant moi et dit : “Corneille, ta prière a été exaucée et Dieu s’est souvenu de tes aumônes. Envoie donc quelqu’un à Joppé et fais venir Simon surnommé Pierre ; il est logé dans la maison de Simon le corroyeur, près de la mer.” J’ai donc aussitôt envoyé vers toi, et tu as bien fait de venir. Maintenant donc, nous sommes tous ici devant Dieu pour entendre tout ce que le Seigneur t’a commandé de nous dire. » Alors Pierre prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les personnes, mais, dans toute nation, celui qui le craint et pratique la justice est accueilli par lui. Vous connaissez la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, qui est le Seigneur de tous. Vous savez ce qui est arrivé dans toute la Judée, en commençant par la Galilée, après le baptême que Jean a proclamé : comment Dieu a donné l’onction à Jésus de Nazareth par l’Esprit Saint et avec puissance ; comment il allait de lieu en lieu en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont mis à mort en le suspendant au bois. Mais Dieu l’a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester, non à tout le peuple, mais aux témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Il nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester que c’est lui que Dieu a établi juge des vivants et des morts. Tous les prophètes rendent de lui ce témoignage : quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. » Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les croyants circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de voir que le don de l’Esprit Saint était répandu aussi sur les non-Juifs. Car ils les entendaient parler en langues[b] et célébrer la grandeur de Dieu. Alors Pierre dit : « Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit Saint aussi bien que nous ? » Et il ordonna qu’ils soient baptisés au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux.

L’importance de ce long chapitre ne saurait être surestimée : Pierre se rend dans la maison d’un païen, et même prend le repas avec lui, au risque d’être exclu comme impur par contagion !

Pour que la Bonne Nouvelle atteigne les extrémités de la terre, les premiers chrétiens n’inventent pas une stratégie. Ils se laissent plutôt conduire par les événements, convaincus que Dieu est à l’œuvre dans l’histoire. La persécution les disperse jusqu’en Samarie, ce qui paradoxalement les amène déjà à annoncer l’Évangile en une terre étrangère.

Mais comment franchir la barrière plusieurs fois séculaire entre juifs et païens ? Le Christ a ouvert le chemin : par sa mort, il a fait « des deux un seul peuple, détruisant la barrière qui les séparait » (Éphésiens 2, 14). Toute la vie de Paul après sa conversion fut une recherche passionnée de cette unité. Il avait conscience qu’il ne pourrait avancer qu’avec les autres apôtres et non en solitaire. D’où l’importance de l’engagement de Pierre. Si Dieu accorde à Pierre des visions, à lui de les interpréter et d’en tirer les conséquences ! Ce qu’il fait : « Je me rends compte qu’en toute nation, quiconque adore Dieu et pratique la justice trouve accueil auprès de lui. » (Actes 10, 35)

L’unité n’est jamais un acquis à préserver, mais toujours une réalité à vivre aujourd’hui, à l’intérieur de nos communautés, comme auprès de ceux qui n’en font pas partie. Enracinés dans l’Évangile, nous pouvons transmettre la Parole de Dieu à d’autres, mais aussi reconnaître l’action de Dieu là où nous ne l’attendions pas, comme Pierre et ses compagnons l’ont fait en voyant l’Esprit Saint agir dans la maison de Corneille. Alors la communion s’élargit comme cet arbre dont Jésus disait que ses racines poussent et ses branches s’ouvrent au point que les oiseaux du ciel peuvent s’y abriter (voir Matthieu 13, 32).

01
Quelles barrières les chrétiens sont-ils appelés à franchir aujourd’hui ?
02
Comment la fidélité aux exigences de l’Évangile favorise une ouverture à tous les humains ?
03
Que faire pour que la recherche de voies nouvelles dans l’Église ne mette pas en péril la communion ?

Méditations récentes

Mai 2026

Élargir nos amitiés

Actes 2,1-11

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! »

Novembre 2025

Trouver notre chemin

1 Samuel 3, 1-10

Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

Octobre 2025

Donner, prier, jeûner

Matthieu 6:1-6,16-18

Jésus dit : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.(...) Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »