Méditations mensuelles
Mystère du passage pascal
Jean 12,20-33Philippe alla le dire à André, puis tous deux allèrent ensemble le dire à Jésus.
Celui-ci leur répondit : L’heure est venue où le Fils de l’homme va entrer dans sa gloire. Vraiment, je vous l’assure : si le grain de blé que l’on a jeté en terre ne meurt pas, il reste un grain unique. Mais s’il meurt, il porte du fruit en abondance. Celui qui s’attache à sa propre vie la perdra, mais celui qui fait peu de cas de sa vie en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut être à mon service, qu’il me suive. Là où je serai, mon serviteur y sera aussi. Si quelqu’un est à mon service, le Père lui fera honneur.
A présent, je suis troublé. Que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ? Mais c’est précisément pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure ! Père, manifeste ta gloire.
Les textes du temps de la Semaine Sainte et de Pâques sont assez nombreux et en parlent de manière plus ou moins ouverte. Pour lire et méditer la parabole du grain de blé, il est bon de regarder à son contexte : voir la curiosité et l’intérêt des gens, même des non-juifs, à ce que Jésus pouvait bien offrir comme enseignement. Mais à quoi s’attendaient-ils ?! Et voici que Jésus leur sort cette parabole sur la nécessité de mourir en vue de porter des fruits… En d’autres mots : ne pas s’attacher à sa propre vie ! Pas très attirant. Scandale ou incompréhension pour beaucoup, même pour ses disciples qui lui disent, par l’intermédiaire de Pierre : « Que cela ne t’arrive pas ! » (Mt 16.22). Scandale mais aussi interrogation, voire remise en cause, oui, grande occasion de doute pour Jésus lui-même ! Il est troublé ! Peut-être avec le désir de se tirer de ce qui l’attend ! Pensons à cette phrase « éloigne de moi cette coupe » qu’il proncera à Gethsémani (Luc 22.42).
Mais lisons ce passage jusqu’au bout : quel est le cheminement de la vie ? – car finalement au bout il n’y pas que fin et abîme, mais fruit et vie ! Mystère du passage pascal : mourir pour vivre. Et ne pas séparer les deux. Dans nos langages et nos logiques peut-être pensons-nous avec des dualités et des opposition, mais réussirons-nous à penser – ou plus encore : à vivre ! – le mystère ensemble ? Chez Saint Jean nous trouvons à de multiples reprises une expression qui met ces deux réalités ensemble : la gloire. Dieu manifeste en Jésus sa gloire, dans sa vie donnée, dans sa vie de ressuscité !