Méditations mensuelles

Août 2015

Cet homme, c’est toi !

2 Samuel 11–12
Un après-midi, après s’être reposé, le roi David se leva et alla se promener sur le toit en terrasse du palais. De là, il aperçut une femme qui se baignait. Elle était très belle. Il fit prendre des renseignements sur elle ; on lui dit : « C’est Batchéba, la fille d’Éliam et la femme d’Urie le Hittite. » David envoya des messagers l’inviter. Elle vint chez lui, il coucha avec elle, puis elle retourna chez elle. Or, elle venait de se purifier, à la suite de ses règles. Batchéba devint enceinte. Elle en avertit David : « J’attends un enfant », lui fit-elle dire. Aussitôt, David adressa l’ordre suivant au général Joab : « Envoie-moi Urie le Hittite. » Joab l’envoya. Urie vint se présenter devant le roi, qui lui demanda des nouvelles de Joab et de l’armée, ainsi que du déroulement de la guerre. Puis il lui dit : « Va chez toi et prends un peu de repos. » Urie quitta le palais et le roi lui fit envoyer un cadeau. Mais Urie ne se rendit pas chez lui ; il alla dormir en compagnie des soldats de la garde royale, près de l’entrée du palais. Lorsque David en fut informé, il interrogea Urie : « Voyons, tu viens d’arriver après un long trajet. Pourquoi ne vas-tu pas chez toi ? » — « Majesté, répondit Urie, l’arche du Seigneur ainsi que l’armée d’Israël et de Juda n’ont pour abris que des tentes ; le général Joab et tes officiers campent en rase campagne. Et pendant ce temps, moi, j’irais à la maison pour manger, boire et dormir avec ma femme ? Jamais de la vie je ne ferai une chose pareille, je te le jure ! » — « Bon, répondit le roi, reste encore ici aujourd’hui. Je te laisserai repartir demain. » Urie resta donc à Jérusalem jusqu’au lendemain. David l’invita à manger et à boire à sa table, et il l’enivra. Mais le soir, Urie alla quand même dormir avec les soldats de la garde royale, plutôt que de rentrer chez lui. Le lendemain matin, David écrivit une lettre à Joab et la confia à Urie. Il y disait : « Placez Urie en première ligne, là où le combat est le plus violent, puis retirez-vous en le laissant seul, afin qu’il soit atteint par l’ennemi et qu’il meure. » Joab, qui surveillait la ville assiégée, plaça donc Urie à l’endroit qu’il savait gardé par de valeureux soldats ennemis. Les défenseurs de la ville firent une sortie contre les assiégeants. Ils tuèrent quelques soldats et officiers de l’armée de David. Urie lui-même fut tué. (…) Lorsque Batchéba apprit que son mari était mort, elle prit le deuil. Mais quand le temps du deuil fut passé, David la fit venir chez lui. Il l’épousa et elle lui donna un fils. Mais ce que David avait fait déplut au Seigneur. Le Seigneur envoya donc le prophète Nathan auprès de David. Nathan entra chez le roi et lui dit : « Dans une ville, il y avait deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre. Le riche avait de grands troupeaux de bœufs et de moutons. Le pauvre ne possédait qu’une seule petite brebis qu’il avait achetée. Il la nourrissait, et elle grandissait chez lui, en même temps que ses enfants. Elle mangeait la même nourriture et buvait le même lait que lui, elle dormait tout près de lui. Elle était comme sa fille. Un jour, un visiteur arriva chez le riche. Celui-ci évita de prendre une bête de ses troupeaux pour le repas ; au contraire, il prit la brebis du pauvre et l’apprêta pour son visiteur. » David fut vivement indigné par cette attitude du riche ; il dit à Nathan : « Aussi vrai que le Seigneur est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort ! Puisqu’il a agi ainsi, sans aucune pitié, il remplacera la brebis volée par quatre autres brebis. » — « Cet homme, c’est toi ! répliqua Nathan. Et voici ce que déclare le Seigneur, le Dieu d’Israël : « Je t’ai consacré roi d’Israël. Je t’ai sauvé des attaques de Saül. J’ai livré en ton pouvoir la famille de ton maître Saül. J’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître. J’ai placé sous ton autorité les peuples d’Israël et de Juda. N’est-ce pas assez ? Je pourrais encore en faire bien plus pour toi. Alors pourquoi m’as-tu méprisé en faisant ce qui me déplaît ? Tu as assassiné Urie le Hittite, oui, tu as tout organisé pour qu’il soit tué par les Ammonites, puis tu as pris sa femme et tu l’as épousée. Eh bien, dès maintenant, la violence ne cessera jamais de régner dans ta famille, puisque tu t’es moqué de moi en prenant et en épousant la femme d’Urie. Écoute bien ce que je te déclare : Je ferai surgir le malheur contre toi, du milieu de ta propre famille. Sous tes yeux, je prendrai tes femmes et je les donnerai à l’un de tes proches, qui couchera avec elles au grand jour. Car ce que tu as fait en cachette, je le ferai arriver en plein jour, à la vue de tout ton peuple. » David répondit à Nathan : « Je suis coupable envers le Seigneur, je le reconnais. » — « Puisqu’il en est ainsi, dit Nathan, le Seigneur te pardonne ; tu ne mourras pas. Seulement, dans cette affaire, tu as gravement offensé le Seigneur. C’est pourquoi ton enfant qui vient de naître mourra. » Puis Nathan retourna chez lui. (2 Samuel 11, 2-17.26-27 ; 12,1-15)

Un jour, le grand roi David voit une femme qu’il désire. Or, si le désir est une qualité humaine – pour la Bible, l’homme est un « être de désir » – néanmoins tout désir n’est pas forcément légitime : les humains sont obligés de tenir compte des autres et de la loi de Dieu. Mais David, étant roi, s’estime au-dessus de toute limite. Il prend alors cette femme et couche avec elle, sans se soucier des conséquences.

Très vite, les choses se compliquent. Comme le mal possède son propre dynamisme, l’adultère conduit au mensonge et finalement au meurtre. Le roi est pris dans un engrenage de petits pas qui ne font que l’éloigner toujours plus du juste chemin.

Sur ce, le prophète Nathan arrive chez le roi et lui raconte une histoire. Le condamner au nom de Dieu aurait vraisemblablement eu le seul résultat de provoquer une réaction de colère et ainsi de l’enfermer davantage dans son tort. Pour sortir de son péché, David doit prendre du recul. Il doit se voir non à partir de lui-même et de ses inévitables tentatives d’autojustification, non comme le roi, centre de l’univers, à qui tout est permis, mais comme « un parmi d’autres ». L’astuce du prophète est justement de le faire se juger lui-même, en se considérant comme un autre.

Après le jugement du roi, prononcé non par Dieu, mais par lui-même, Nathan poursuit en mentionnant deux conséquences de ses fautes. D’abord, la violence qu’il a faite aux autres se retournera contre lui et contre les siens. C’est une « loi » générale de l’existence, que Jésus exprime en disant « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » (Matthieu 26, 52). Puis, ce qui a été fait en cachette finira par devenir public. Jésus le dit encore : « Tout ce qui est caché apparaîtra au grand jour, et tout ce qui est secret sera connu et mis en pleine lumière » (Luc 8,17). Ce sont des éléments importants de la notion biblique du jugement, à savoir le dévoilement de la signification véritable de nos actes dans toute leur ampleur. Mais la révélation de la vérité n’est pas un châtiment, elle fait partie au contraire du processus de guérison par lequel nos bas-fonds s’ouvrent à l’amour bienfaisant de Dieu.

Le récit se termine par la repentance du roi. Ayant reconnu sa faute, il reçoit aussitôt du prophète l’annonce du pardon de Dieu. Comme dira plus tard le prophète Ézéchiel, Dieu ne désire pas la mort du pécheur, mais qu’il change de conduite et qu’il vive (cf. Ézéchiel 18, 23). Cependant, la mort de l’enfant, si difficile à comprendre pour notre sensibilité moderne, est annoncée comme un indice du fait que, même pardonné, le mal reste mal et en soi ne mène qu’à la mort. Mais une « résurrection » a bien lieu : peu après, Batchéba aura un autre fils avec David, et ce sera le grand roi Salomon, qui permettra à l’histoire entre Dieu et son peuple d’atteindre un nouveau sommet.

01
Où voyons-nous la tentation de David, celle d’être sa propre loi, dans notre société actuelle ? Qu’est-ce qui permet d’y faire face ?
02
Nathan disait au roi, au nom de Dieu : « Tu m’as méprisé… tu t’es moqué de moi ». Dans quel sens est-ce vrai ?
03
Est-il nécessaire de faire l’aveu de nos fautes pour être pardonné ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
04
Y a-t-il des aspects de l’expérience de David qui me parlent ? Lesquels ?

Méditations récentes

Mai 2026

Élargir nos amitiés

Actes 2,1-11

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! »

Novembre 2025

Trouver notre chemin

1 Samuel 3, 1-10

Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

Octobre 2025

Donner, prier, jeûner

Matthieu 6:1-6,16-18

Jésus dit : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.(...) Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »