Méditations mensuelles

Octobre 2020

Cherchez les réalités d’en haut

Colossiens 3,1-4
Vous êtes ressuscités avec le Christ ; cherchez donc les réalités d’en haut, là où se trouve le Christ, siégeant à la droite de Dieu. Gardez votre esprit fixé sur les choses d’en haut, et non pas sur celles de ce monde. Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. Lorsque le Christ sera manifesté, lui qui est vraiment votre vie, alors, vous aussi, vous paraîtrez définitivement avec lui en pleine gloire. (Colossiens 3, 1-4)

Au début de ce passage, saint Paul met ensemble deux affirmations d’une manière intéressante. Il commence par un rappel très fort : « Vous êtes ressuscités avec le Christ ». C’est le fondement sûr, fiable, objectif de la foi. Le Christ est ressuscité ; et par sa grâce, par la foi en lui, par le baptême, cette résurrection est la nôtre aussi – non pas seulement à l’avenir après notre mort, mais déjà maintenant. Puis, tout de suite, il ajoute une exhortation quelque peu surprenante : vous êtes ressuscités, il vous faut donc non pas « être forts », non pas « ne plus rien craindre », non pas « annoncer l’évangile à toute la création », mais « chercher ».

Il y a peut-être des gens qui ne cherchent rien, par satisfaction, par paresse, ou par manque d’éveil d’esprit. Il y a aussi des gens qui cherchent et qui trouvent quelque chose d’essentiel, et qui désormais ne cherchent plus. Ils se satisfont de ce qu’ils ont trouvé : pour eux, ça suffit comme réponse à toute question possible ; maintenant, ils sont arrivés. Il y a encore des gens qui aiment un peu trop chercher ; ils préfèrent voyager qu’arriver ; toute vérité ou tout engagement solide est suspect et risque à leurs yeux d’entraver la liberté ; ils finissent par flotter sans direction. L’Évangile, par contre, nous invite à suivre le chemin vivifiant où l’on se réjouit de ce qu’on a trouvé, et où cela nous pousse à chercher encore, à aller toujours plus loin.

La recherche est une attitude active, non pas passive. Elle est positive, optimiste même : on ne va pas chercher si l’on ne croit pas pouvoir aboutir. C’est une attitude d’espérance. C’est aussi une attitude humble : pour chercher, je dois me dire « je n’ai pas encore tout saisi. »

À ce propos, c’est intéressant que Paul se réfère à des réalités insaisissables ou cachées : « Cherchez les réalités d’en haut », écrit-il. Et aussi : « Votre vie est désormais cachée avec le Christ ». Il ne dit pas cela pour encourager des spéculations théologiques sophistiquées ou des expériences mystiques spéciales. Il veut plutôt nous rappeler que, même si notre foi nous met en lien avec des réalités vraiment profondes et extraordinaires, très souvent notre propre expérience ou notre conception de ces choses ne sont pas au même niveau. Nous savons que le Christ est ressuscité, et c’est lui notre joie. Mais en même temps, la plupart d’entre nous connaissent parfois, ou même très souvent, un sentiment de pauvreté, des doutes, des faiblesses, des incertitudes. C’est peut-être nécessaire, pour ne pas tomber dans le piège de penser que nous sommes arrivés et que nous avons tout compris.

Mais ce sont justement cette pauvreté, ces faiblesses et ces doutes qui peuvent nous stimuler à « chercher ». Les « réalités d’en haut » dont il est question ne sont pas forcément très loin de nous, bien que nous ne puissions jamais tout à fait les saisir. Elles se trouvent dans une dimension où les critères ordinaires ne s’appliquent pas. Une dimension qui est non pas éloignée, mais autre. Là, ce qui est important, ce n’est pas la satisfaction de nos désirs ou nos souhaits, ni l’efficacité d’un projet. Le seul critère est le Christ, qui est resté fidèle jusqu’à la mort. Seuls comptent la confiance, l’espérance et l’amour. Là en effet « se trouve le Christ, siégeant à la droite de Dieu ». Cette image veut dire que, en invitant le Christ à s’asseoir à sa droite, Dieu veut lui montrer son soutien, comme pour une personne qu’on aime et à qui on veut donner raison. Dans cette dimension, qui est pour le moment invisible, Dieu a déjà démontré que ce qui compte vraiment est ce que Jésus a exprimé par sa vie.

Si, tout humblement, nous cherchons à vivre selon cette dimension, attachés à ce qui compte aux yeux de Dieu, plutôt que selon nos valeurs ordinaires, nous sommes déjà dans une « vie cachée avec le Christ » qui, un jour, se révélera être notre vraie vie.

01
Est-ce que je suis plutôt quelqu’un qui aime chercher ou qui se satisfait de ce que j’ai déjà trouvé ?
02
Est-ce que dans ma vie de foi, j’ai connu des moments ou des périodes d’assurance ? Et des moments de doutes ou d’incertitude ? Qu’est-ce qui m’a aidé à traverser les incertitudes ? Est-ce que ces moments m’ont appris quelque chose ?
03
Est-ce que j’ai compris ce qui compte vraiment aux yeux de Dieu ?

Méditations récentes

Novembre 2025

Trouver notre chemin

1 Samuel 3, 1-10

Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

Octobre 2025

Donner, prier, jeûner

Matthieu 6:1-6,16-18

Jésus dit : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.(...) Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »