Méditations mensuelles

Octobre 2011

De quoi te vantes-tu ?

2 Corinthiens 12:7-10
Pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. (2 Corinthiens 12, 7-10)

Une des questions soulevées par la deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens est la distinction entre vrais et faux apôtres. Paul décrit ces derniers comme des « super-apôtres », qui se vantent d’avoir de grands « dons spirituels ». Ils se glorifient d’être capables de bien parler (2 Corinthiens 11, 5-6), d’avoir eu une vision de Dieu (12, 1-5) ou de pouvoir accomplir des prodiges et des miracles (12, 11-12).

Paul ne se considère pas comme inférieur à ces « super-apôtres ». Il montre avec éloquence que lui aussi a reçu tous ces dons. Cependant, Paul a compris que Dieu a décidé de se révéler autrement en lui, comme apôtre de Jésus-Christ. Pour Paul, le seul signe valable de l’apostolicité est la « faiblesse » que l’apôtre est disposé à accepter, de telle sorte que la « puissance du Christ » puisse se manifester en lui. Ainsi, Paul dit : « S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai » (11, 30), « car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (12, 10).

Comment Paul a-t-il fini par comprendre cela ? Pour qu’il soit gardé humble, il dit qu’il lui a été mis « une écharde dans sa chair » (12, 7). Beaucoup ont essayé de deviner ce que Paul voulait dire par là. Certains croient qu’il s’agissait d’une maladie incurable, d’autres de son incapacité à gagner à l’Évangile sa propre nation, le peuple juif. Quoi qu’il en soit, il s’agit de l’expérience que Paul a eue de la « croix », qui est une façon de traduire le mot utilisé pour « écharde ». Cette expérience est fondamentale pour permettre à Paul de comprendre comment Dieu se révèle dans la personne du Christ et comment il va sauver le monde.

L’expérience de Paul peut nous aider à comprendre notre propre existence. Souvent, nous ne savons pas quoi faire de notre propre faiblesse, si ce n’est de la cacher ou de la fuir. Découvrir notre propre fragilité nous fait peur. Nous nous disons : « Si les autres voient ce qui est cassé en moi, ils ne m’aimeront plus. » À travers Jésus, par son accueil de ceux qui étaient considérés comme les faibles de la société et surtout par le don de sa vie sur la Croix, nous comprenons que Dieu entre dans le monde par la porte de la vulnérabilité. Dieu est vulnérable parce qu’il est amour. Quiconque a décidé d’aimer sait qu’aimer veut dire devenir vulnérable. En Jésus, nous comprenons que Dieu est le plus vulnérable de tous.

Ainsi, pour Paul, c’est quand il est faible, pauvre, malade, rejeté par son propre peuple que la puissance de Dieu se manifeste le plus clairement. « Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (1 Corinthiens 1, 25). C’est un très grand défi dans un monde qui exalte la puissance et l’efficacité, et où la faiblesse est un signe d’échec.

01
Qu’est-ce qui me rend fier ? De quoi est-ce que je tiens à me vanter ? Le fait de se vanter peut-il être positif ?
02
« Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » Suis-je d’accord avec cette phrase ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Change-t-elle la façon dont je me vois moi-même et je vois les autres ?
03
« Pour que le Christ grandisse en moi, je dois connaître ma propre faiblesse et celle des autres. » Qu’est-ce que ces mots écrits par frère Roger dans la Règle de Taizé signifient pour moi ?

Méditations récentes

Mai 2026

Élargir nos amitiés

Actes 2,1-11

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! »

Novembre 2025

Trouver notre chemin

1 Samuel 3, 1-10

Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

Octobre 2025

Donner, prier, jeûner

Matthieu 6:1-6,16-18

Jésus dit : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.(...) Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »