Méditations mensuelles
Fidèle à l’amour
Deutéronome 4,32-36.39-40Au chapitre 4 du livre du Deutéronome, on apprend que Moïse transmet aux enfants d’Israël « des lois et des coutumes ». Ce sont des moyens pour qu’ils deviennent un peuple vivant, le vis-à-vis d’un Dieu qui « se fait proche, chaque fois que nous l’invoquons » (v. 7). Dieu avait confié cette Loi à Moïse sur l’Horeb comme signe de son alliance, de sa communion inébranlable avec son peuple. Israël est appelé à rester fidèle, quoi qu’il arrive, à ce « Dieu miséricordieux qui n’oublie pas son alliance » (v. 31).
Comment rester fidèle à Dieu sans s’émerveiller de ce qu’il est et de son amour sans conditions ? Par des questions rhétoriques (v. 32b-34), Moïse cherche à éveiller cet étonnement. Y a-t-il quelque chose de plus grand qu’un tel amour prodigué à un peuple ? Un tel amour a-t-il jamais accompli autant pour un autre peuple sur la terre ? Un peuple a-t-il jamais été dans une proximité si étroite avec le Tout-Autre, le Dieu éblouissant qui trouve des moyens pour être avec son peuple sans l’aveugler ? Y a-t-il jamais eu un Dieu qui aime son peuple comme son unique ?
Le peuple a tout reçu (v. 35-36) pour pouvoir accepter Dieu comme son unique amour. Dieu s’est révélé à lui par des gestes, il l’a protégé et libéré, il l’a élevé comme un enfant (voir Osée 11,1-4). Dieu a agi « devant ses yeux » et le peuple pouvait entendre sa voix « du milieu du feu ». Il n’y a qu’un seul Dieu pour le ciel et la terre, et il devrait trouver sa place « dans le cœur » du peuple (v. 39).
Certes, le peuple pouvait oublier cet amour de Dieu. En ce temps-là, comme de nos jours aussi, beaucoup de choses pouvaient le distraire. L’éclat de l’économie et de la politique, mais aussi de la culture et même de la religion peut nous aveugler, de telle sorte qu’il n’est plus perceptible que l’homme a été créé par un amour durable qui le rend sacré. Toujours des puissances risquent de se lever pour attaquer la liberté de l’homme, créé pour l’amour de Dieu.
« Dieu nous veut heureux » (frère Roger). Moïse est très attaché au peuple. Pour cette raison, il ne le contraint pas en faisant usage de son propre pouvoir, mais le renvoie à l’amour de Dieu, qui est au cœur de son propre engagement personnel. Car voulant pour son peuple et sa postérité le bonheur et une longue vie (v. 40), il sait qu’il n’y a pas d’autre puissance qui puisse offrir un tel bonheur pour toujours.
Moïse veut épargner au peuple les pénibles détours par lesquels on cherche en vain une vie heureuse ailleurs que dans la Source de la vie. Il se donne jusqu’au bout pour maintenir ensemble Dieu et son peuple. Il est vrai que l’amour de Dieu ira encore plus loin, au-delà des moyens qui sont les « lois et commandements ». Jésus le Christ est le « chemin » sur lequel Dieu s’approche de son peuple directement, sans autres moyens. Il se donne lui-même par amour et par là désarme, une fois pour toutes, les autres puissances.