Méditations mensuelles
Le chemin de la confiance
2 Pierre 1,16-21Pierre, disciple de Jésus, a vu pour un instant la gloire de celui-ci, ensemble avec deux de ses compagnons. Ils ont entendu la voix de Dieu dans l’éclat de son rayonnement. C’est un événement que les évangiles nous racontent aussi, « la transfiguration du Christ ». (Marc 9, 2-10 ; Luc 9, 28-36 ; Matthieu 17, 1-13). Comme pour d’autres récits bibliques, l’événement est confirmé par la multiplicité de témoins ; loin de toute fiction, l’expérience de Dieu que les disciples nous racontent se passe dans l’histoire, dans leur vie concrète.
Probablement, nous aimerions tous avoir part à une expérience directe de Dieu, parce que nos sentiments et nos expériences sont une dimension nécessaire de notre vie. Ce sont des possibilités de nous réjouir. « Quant à nous, nous ne pouvons pas renoncer à parler de ce que nous avons vu et entendu » (Actes 4, 20). Comme pour les disciples, les expériences prises au sérieux deviennent des exigences.
Ces mêmes disciples peuvent devenir des témoins pour nous aujourd’hui, parce que leur expérience de Jésus est humaine, elle entre par les yeux et par les oreilles. Pierre écrit : « c’est de nos propres yeux (…) nous l’avons entendue nous-mêmes » (v. 18).
Pour apprendre quoi que ce soit, nous sommes appelés à faire confiance dans l’expérience des autres. C’est ainsi que Pierre invite à faire confiance dans son expérience, sans prétendre qu’elle soit incontestable. En l’écoutant, nous pouvons accéder à une connaissance de Jésus, et nous apprenons que Dieu met sa joie en lui (v. 17). La joie est une expérience que nous connaissons, nous l’avons peut-être entendue et vue, ou au moins souhaitée. De son côté, Jésus, qui reçoit cette joie de Dieu, a promis à ses amis : « Votre cœur se réjouira, et personne ne vous enlèvera votre joie » (Jean 16, 22). La joie devient piste, orientation, ou même confirmation de l’expérience que nous pouvons faire de Dieu.
Pierre témoigne aussi de la solidité des paroles des prophètes. Croire aux dires de quelqu’un peut sembler naïf, mais c’est une expérience humaine fondamentale parce que personne ne peut nous obliger à faire confiance. La liberté est la condition d’une vraie confiance, et ainsi des relations peuvent naître et grandir.
De nos jours, nous avons un souci constant à propos de la solidité des informations. L’information circule vite. Le « fake news » abonde. La confiance est trahie, et l’angoisse, l’indifférence, tout ce qui s’oppose à la joie apparaît. Vivre de l’inspiration de la foi de Jésus peut devenir un fait à devoir justifier, ou à rectifier en permanence, et la joie s’éloigne déjà de l’horizon.
Pierre nous avertit que « personne ne peut interpréter de lui-même une prophétie » (v. 21), que toute révélation vient de Dieu par son Esprit. L’Esprit, qui peut faire de tous des prophètes (cf. Joël 3, 1), devient pour nous garant de cette joie, même au milieu de la méfiance et de la tristesse. Une invitation découle de ce texte biblique : faire confiance aux autres et à l’action de l’Esprit capable de nous faire participer à la joie de Dieu (cf. Luc 10, 21 ; Galates 5, 22).