Messages reçus
Sur cette page, sont publiés les messages adressés par des responsables ecclésiaux et politiques aux participants de la 48e rencontre européenne de Taizé à Paris et Île de France.
Le Pape Léon XIV
Chers jeunes,
A l’occasion de la Rencontre européenne organisée par la Communauté de Taizé, Sa Sainteté le Pape Léon XIV m’a chargé de vous adresser ses cordiales salutations et l’assurance de sa proximité spirituelle. Votre rassemblement constitue une nouvelle étape du « Pèlerinage de confiance sur la terre » qu’initia Frère Roger il y a bientôt un demi-siècle, dans cette même ville de Paris. Le Saint-Père se réjouit de vous savoir réunis dans une ville marquée par un riche patrimoine religieux, façonné au fil des siècles par le témoignage lumineux de tant de figures de sainteté qui ont su, chacune à leur manière, répondre avec audace à l’appel du Christ.
Le thème de la Lettre écrite cette année par le Frère Matthew, Prieur de Taizé, « Que cherches-tu ? », rejoint une question essentielle qui habite le cœur de tout être humain. Le Saint-Père vous invite à ne pas craindre cette interrogation, mais à la porter dans la prière et le silence, convaincu que le Christ marche à vos côtés et se laisse trouver par celles et ceux qui le cherchent avec un cœur sincère.
En cette fin d’année marquée par tant d’épreuves pour notre famille humaine, l’hospitalité généreuse que vous recevez à Paris de la part des croyants de tous horizons et de personnes de bonne volonté, et un message fort adressé au monde. Que les moments de prière et de partage que vous vivrez ces jours vous aident à approfondir votre foi, en discernant toujours davantage comment vivre l’Évangile dans les réalités concrètes de votre vie.
Cette rencontre s’inscrit également dans un moment ecclésial particulier, marqué par la clôture d’une année jubilaire et par les commémorations du 1700e anniversaire du Concile de Nicée. Comme l’a récemment rappelé le Pape Léon XIV lors de la rencontre œcuménique de prière à Iznik, « la réconciliation est aujourd’hui un appel qui vient de toute l’humanité affligée par les conflits et les violences. Le désir d’une pleine communion entre tous les croyants en Jésus-Christ s’accompagne toujours de la recherche de la fraternité entre tous les êtres humains ». Le Saint-Père vous encourage à devenir des pèlerins de confiance, artisans de paix et de réconciliation, capables de porter autours de vous une espérance humble et joyeuse. En vous confiant, ainsi que la Communauté de Taizé et sa mission œcuménique, à l’intercession de la Vierge Marie, Il vous accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique.
Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État
Le Patriarche oecuménique Bartholomée de Constantinople
Chers jeunes,
C’est avec une grande joie et une profonde affection paternelle que nous vous adressons nos plus sincères salutations à l’occasion de la Rencontre européenne qui vous rassemble à Paris et dans sa région, au cœur de l’hiver, mais surtout au seuil d’une nouvelle année. Votre présence, votre cheminement et votre engagement témoignent d’une espérance vivante, capable d’éclairer notre monde souvent assombri par l’incertitude, la peur et la division.
Vous venez de pays, de cultures et de traditions ecclésiales différentes. Pourtant, vous avez répondu à un même appel : celui de vous mettre en route, de quitter pour un temps vos habitudes, afin de rencontrer d’autres jeunes, de prier ensemble, d’écouter, de dialoguer et de chercher le sens profond d’une vie authentiquement chrétienne. Ce pèlerinage de confiance est un signe précieux : il montre que la jeunesse d’aujourd’hui ne se résigne pas à l’indifférence ou au repli sur soi, mais ose croire que la rencontre de l’autre est une richesse et non une menace.
La ville de Paris, qui vous accueille, porte une mémoire longue et complexe, faite de lumière et d’épreuves, de créativité et de blessures. Elle est aussi un lieu où se côtoient des femmes et des hommes aux convictions diverses. Dans ce contexte, votre rassemblement devient un témoignage silencieux mais puissant : il affirme que la paix commence par l’écoute, que le dialogue est possible, et que la fraternité n’est pas un idéal abstrait, mais une vocation concrète. Comme nous y exhorte l’apôtre Paul : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12, 21). À travers le thème qui vous est proposé — « Que cherches-tu ? » — vous êtes invités à une question essentielle, que le Christ Lui-même adresse à celles et ceux qui s’approchent de Lui au commencement de l’Évangile : « Que cherchez-vous ? » (Jn 1,38). Cette question traverse toute existence humaine. Elle vous appelle à discerner ce qui habite votre cœur : vos désirs, vos peurs, vos rêves, mais aussi votre soif de vérité, de justice et d’amour. N’ayez pas peur de cette question. Accueillez-la dans le silence et la prière, car c’est souvent là que Dieu se fait proche et qu’Il murmure un chemin.
Chers jeunes,
Le monde a besoin de votre regard clair, de votre courage et de votre capacité à espérer. Il a besoin de jeunes artisans de paix, capables de résister à la violence, à l’exclusion et au mépris de l’autre. Il a besoin de témoins d’une foi humble, vécue non comme un pouvoir, mais comme un service. Dans la tradition orthodoxe, nous aimons rappeler que la véritable force du chrétien se manifeste dans l’amour offert sans condition et dans la fidélité au prochain.
Nous tenons également à exprimer notre gratitude aux bénévoles et aux familles qui vous accueillent avec générosité. Leur hospitalité est une icône vivante de l’Évangile : elle ouvre des portes, crée des liens et transforme les étrangers en frères et sœurs. Telle est la condition même de l’unité à laquelle nous nous attachons.
En avançant ensemble durant ces jours, confiez votre chemin à Dieu. Qu’Il éclaire votre intelligence, fortifie votre cœur et vous accorde la paix. Que cette rencontre vous aide à devenir, là où vous vivez, des semeurs de confiance, de dialogue et de réconciliation.
Veuillez recevoir notre bénédiction paternelle et notre prière pour chacun et chacune d’entre vous à l’aune de cette nouvelle année 2026 qui s’ouvre.
La Secrétaire Générale de la Fédération luthérienne mondiale, Rev. Dr Anne Burghardt
Cher frère Matthew, chers frères de Taizé, chers jeunes pèlerins de paix et d’espérance, et chères familles et hôtes de Paris qui avez ouvert vos portes ! Je vous adresse les salutations de la Fédération luthérienne mondiale, une communion de 154 Églises membres à travers le monde.
Vous êtes venus dans la magnifique ville de Paris pour la 48ᵉ Rencontre européenne des jeunes organisée par la Communauté de Taizé. Notre foi nous met toujours en chemin, un chemin parcouru ensemble, en réponse à l’appel du Christ : « Venez et voyez ! » Vos réflexions autour de la question du Christ « Que cherchez-vous ? » sont profondes et profondément encourageantes. En recherchant le silence, vous discernez une orientation, vous faites l’expérience d’une joie évangélique profonde, vous découvrez le courage de travailler pour la justice et la paix — si urgemment nécessaires aujourd’hui — et vous vivez tout cela ensemble, en communauté, dans une communion soutenue et sans cesse renouvelée par la promesse du Christ.
Pour la Fédération luthérienne mondiale, cette quête est enracinée dans l’espérance. La promesse de Dieu de faire toutes choses nouvelles donne espérance ; une espérance qui, d’une part, s’enracine dans la perspective de l’accomplissement ultime de toute chose, et qui, d’autre part, peut déjà être entrevue ici et maintenant : « Voici, je fais toutes choses nouvelles. » Oui, en répondant à la question et à l’appel du Christ, à travers votre propre recherche et votre réponse, Dieu intervient mystérieusement dans le cours de l’histoire, faisant toutes choses nouvelles.
Bien sûr, la quête, les questions et le discernement sont l’œuvre de l’Esprit Saint, qui nous guide et nous conduit toujours plus profondément dans la prière et dans la communion.
Permettez-moi également d’exprimer ma profonde gratitude aux frères de Taizé pour leur témoignage fidèle, par la prière et la solidarité, de cette communion donnée par Dieu.
Je vous souhaite beaucoup de joie dans les jours que vous passerez ensemble durant cette Rencontre européenne, ainsi que de nombreuses bénédictions tandis que vous discernez et suivez l’appel du Christ.
Le Secrétaire Général du Conseil œcuménique des Églises, Rev. Prof. Dr Jerry Pillay
Au nom de la communion fraternelle du Conseil œcuménique des Églises, je vous salue dans le nom de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.
Alors que vous vous rassemblez à Paris pour la prière, la réflexion et le dialogue, dans le cadre de votre Pèlerinage de confiance, permettez-moi de vous adresser une parole d’encouragement et de solidarité dans la prière. Bien que nous ne soyons pas physiquement présents à vos côtés, nous sommes profondément unis à vous dans l’Esprit.
Le thème qui guide votre rencontre résonne avec force dans notre temps. La recherche de sens, de justice, de paix et de communauté dans un monde marqué par la fragmentation et les conflits trouve aujourd’hui aussi un écho puissant au sein du mouvement œcuménique.
À l’image de Nicodème, qui vient à Jésus de nuit (Jean 3,1–21) — curieux, prudent et en quête —, de nombreux jeunes aujourd’hui abordent la vie avec de profondes questions. Ils cherchent le sens, la justice et l’appartenance au cœur de la complexité et de l’incertitude de notre monde. Avec des millions d’autres à travers le monde, vous portez des interrogations essentielles sur l’identité, la vocation et ce que signifie véritablement bien vivre.
Jésus dit à Nicodème que, pour vivre pleinement, il faut « naître d’en haut », ou « naître de nouveau ». Il ne s’agit pas d’une invitation à se retirer du monde, mais à le regarder d’un œil nouveau — avec le regard de Dieu. Pour les jeunes d’aujourd’hui, cela rejoint le désir d’une vie qui dépasse le succès, la consommation ou la reconnaissance sociale, pour s’ouvrir à quelque chose de plus profond et de véritablement porteur de vie.
« Naître de nouveau », c’est permettre à Dieu de transformer notre manière de nous comprendre nous-mêmes et de comprendre les autres — non pas comme des concurrents ou des étrangers, mais comme des personnes profondément aimées de Dieu. Le sens de la vie ne commence pas par le fait d’avoir toutes les réponses, mais par une ouverture à la grâce transformatrice de Dieu.
Ce passage exprime aussi le profond désir de justice qui habite notre monde. Jésus nous rappelle que Dieu n’a pas envoyé le Fils pour condamner le monde, mais pour le sauver. Cela remet en question toute idée selon laquelle un changement durable pourrait venir du reproche, de l’exclusion ou de la peur. De nombreux jeunes sont vivement conscients des injustices — pauvreté, racisme, violence, destruction de l’environnement — et se sentent souvent dépassés par des systèmes qui semblent résister au changement.
Que les paroles de Jean 3 vous rassurent : la réponse de Dieu à un monde brisé est un amour qui agit, et non un jugement qui divise. La justice jaillit de la vérité vécue dans l’amour, là où la lumière révèle ce qui blesse la vie et ouvre un chemin de guérison et de réconciliation.
Que votre rencontre soit un signe d’espérance — une communauté où chacun est vu, entendu, soutenu et encouragé à grandir dans la foi et la confiance. Comme compagnons de pèlerinage pour la justice, la réconciliation et l’unité, nous, au Conseil œcuménique des Églises, marchons à vos côtés et vous portons dans la prière.
Le Président de la Conférence des Églises européennes (CEC), l’Archevêque Nikitas de Thyateira et de Grande Bretagne
Chères sœurs et chers frères,
Au nom du Christ, Soleil de justice, je vous salue et vous transmets les meilleurs vœux de la Conférence des Églises européennes, alors que vous vous réunissez pour le « Pèlerinage de confiance ».
Comme vous le savez bien, l'idée du pèlerinage a toujours fait partie de la tradition chrétienne. Nous parcourons le chemin et marchons sur une voie sacrée, tandis que nous cheminons vers notre but, un sanctuaire sacré ou un autre lieu saint. Au cours de notre pèlerinage, nous rencontrons des personnes diverses et entrons en conversation et en dialogue ; ainsi, le chemin est rempli d’expériences nouvelles et joyeuses. À travers ces expériences, nous apprenons, nous nous développons, nous grandissons et nous mûrissons, afin de pouvoir envisager l'avenir avec espérance.
Vous, les jeunes, ainsi que vos familles et vos amis, êtes engagés dans un pèlerinage spirituel particulier. Durant les jours que vous passerez ensemble, vous aborderez des questions essentielles : la construction de la communauté, le dialogue, la solidarité, entre autres. Vous partagerez également vos réflexions sur la paix et sur la manière de promouvoir cette valeur en un temps difficile pour notre monde. Vous êtes appelés à lutter pour trouver la paix dans vos propres cœurs, les uns avec les autres, et avec le monde dans son ensemble. Apportez la paix du Christ aux âmes troublées et guidez-les pour qu'elles se joignent à vous afin de construire de nouvelles relations de confiance et d'amitié.
Que la lumière du Christ, le Roi nouveau-né, vous guide et vous montre le chemin. Suivez-le dans ce Pèlerinage de confiance, comme le peuple d’Israël a suivi Moïse vers la terre promise.
Au CEC, nous vous adressons nos meilleurs vœux et prions pour que votre chemin soit béni par l'amour, la miséricorde et la grâce du Christ.
Que le Seigneur vous accorde la paix et vous affermisse dans la confiance.
L’Archevêque de York, Stephen Cottrell
Chères sœurs et chers frères en Christ,
Soyez assurés de mes prières et de mes meilleurs vœux alors que vous vous réunissez à Paris pour cette rencontre internationale. Nous vivons dans un monde marqué par tant d'incompréhension, de polarisation, de peur et de confusion. Que la lumière et la paix du Christ vous rapprochent les uns des autres alors que vous vous approchez de lui dans la prière, la contemplation et le culte. Vôtre dans le Christ,
++Stephen, Archevêque d'York dans l'Église d'Angleterre
Le Secrétaire du Forum chrétien mondial, Revd Dr. Casely Baiden Essamuah
Chers amis en Christ,
Salutations au nom de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, de la part du Forum chrétien mondial !
Alors que vous vous rassemblez à Paris pour ce temps de réflexion, de dialogue et de vie communautaire partagée, je vous adresse mes salutations avec joie et un profond encouragement. Nous traversons des temps de grande incertitude : des guerres et des conflits font rage dans des régions lointaines, l’instabilité politique et sociale touche des vies proches et lointaines, et les pressions du matérialisme, des réseaux sociaux et de la connectivité permanente nous laissent souvent agités, anxieux ou isolés. Peut-être que certains d’entre vous traversent des moments d’anxiété ou des difficultés liées à la santé mentale dans un monde toujours « connecté », mais qui offre bien peu de satisfaction durable. Au cœur de tout cela, une question se tient devant nous, faisant écho aux toutes premières paroles de Jésus : « Que cherchez-vous ? » (Jean 1,38).
En définitive, ce que je cherche n’est pas le succès, la reconnaissance ou les promesses éphémères d’un monde hyperconnecté, mais Jésus-Christ, qui vient à notre rencontre de nouveau en ce temps de Noël. À l’image de Marie et de Joseph, confrontés à la peur, à l’incertitude et à des épreuves personnelles sous l’ombre de l’Empire romain, nous aussi sommes appelés à apporter nos questions, nos inquiétudes et nos espérances à la lumière de sa présence, en ayant confiance que, même au cœur du chaos, Dieu nous rejoint là où nous sommes, nous offrant orientation, réconfort et une force paisible. Dans une culture qui privilégie la vitesse à la réflexion, la technologie au contact humain et le faire à l’être, je prie pour que ce temps à Taizé soit pour vous un espace de rencontre renouvelée avec le Christ. Laissez le silence parler à votre cœur. Que la prière, la louange et la vie communautaire vous ouvrent à l’Esprit. Écoutez les récits de ceux qui vous entourent — des amis venus de tous les continents — et souvenez-vous : vous n’êtes pas seuls dans vos combats, vos interrogations ou vos aspirations, et mes prières vous accompagnent tandis que j’écris ce message.
Que cette rencontre avec le Christ renouvelle en vous le courage de vivre avec authenticité, d’agir avec justice et de tendre la main aux autres avec compréhension, bonté et compassion. En ce temps de Noël, souvenons-nous que Celui qui vient à nous est l’enfant promis par Isaïe : « Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la paix » (Isaïe 9,6). Dans un monde plein d’incertitude et de troubles, son conseil apporte la clarté à notre confusion et sa paix apaise nos cœurs. Puissiez-vous quitter ce rassemblement fortifiés dans la foi, inspirés par sa présence aimante et réconfortante, et prêts à être une source d’espérance pour ceux qui vous entourent, en particulier pour ceux qui souffrent, afin que la guérison du Christ puisse passer à travers vous.
Avec des prières pour votre chemin et une profonde affection fraternelle.
Secrétaire Général de l’Alliance évangélique mondiale, Botrus Mansour
Chers amis,
En tant que pèlerins de paix, votre tâche paraît écrasante dans un monde qui se désagrège. Il se peut aussi que vous luttiez pour votre propre paix, cherchant les nécessités de la vie dans un monde brisé. Des choses comme la direction, le sens, la justice, le silence, la joie… Nous sommes à nouveau encouragés cette année par votre choix de vous rassembler autour de Celui qui nous libère des idéologies sans espoir et sans véritable perspective. Notre Seigneur a vaincu la mort sous toutes ses manifestations et conséquences, telles que le manque de sens, de justice, de joie… Dieu est s’est fait homme sans perdre sa divinité — quel honneur et quelle haute dignité pour l’être humain ! Pourtant, Il a dû emprunter ce chemin difficile pour mourir pour nos péchés. Par sa mort et sa résurrection, Il nous ramène à notre besoin fondamental : une communion sans entrave avec notre Père céleste, notre demeure divine où nous avons notre place. Où nous avons notre place ensemble !
Il a résolu notre plus grand problème, et nous rend ensuite capables de travailler ensemble pour un monde meilleur, y compris avec ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord, tout en étant bénis par notre Seigneur Jésus dans les domaines de nos besoins fondamentaux. Vous réfléchirez à ce que vous cherchez, à vos besoins légitimes, et à travers ces jours de communion, vous serez mieux équipés pour servir ce monde merveilleux — à travers Lui, Celui que, en réalité, vous recherchez vraiment à travers tout cela.
« N’ayez pas peur, car je sais que vous cherchez Jésus ! »
Salutations reconnaissantes, Dans sa grâce et sous sa garde,
Le Secrétaire Général des Nations-Unies, Antonio Gutteres
C’est avec grand plaisir que je vous adresse mes chaleureuses salutations alors que la Communauté de Taizé vous réunit pour sa Rencontre européenne annuelle. Je garde un excellent souvenir de mon séjour à Taizé lorsque j'étais étudiant, où j'ai trouvé fraternité, sagesse et espérance.
Vous vous êtes réunis en tant que chercheurs, pour réfléchir au cheminement commun vers la réalisation de nos aspirations les plus profondes, tant en tant qu'individus qu'en tant que communauté mondiale.
Les fondateurs des Nations-Unies étaient eux aussi des chercheurs, en quête d’égalité, de dignité et, par-dessus tout, de paix. Ils avaient compris que de tels idéaux ne peuvent se réaliser que si nous unissons nos forces au-delà des frontières, des communautés et des générations.
Aujourd'hui, notre monde est confronté à des défis redoutables, notamment l'aggravation des inégalités, des conflits dévastateurs, une crise climatique incontrôlée et de nombreuses violations des droits humains. Face à une telle adversité, il est facile de se sentir impuissant.
Pourtant, comme l’a montré la Communauté de Taizé, la transformation est possible lorsque nous nous rassemblons dans un esprit d’ouverture, d’écoute attentive et de solidarité.
Alors que vous vous réunissez à Paris, puissiez-vous trouver non seulement des occasions de servir, mais aussi des amitiés et une communauté qui vous soutiendront tout au long de votre vie.
Votre présence ici témoigne du courage, de l'engagement et de la compassion nécessaires pour construire un monde plus juste et plus pacifique.
Puissiez-vous découvrir ce que vous cherchez, et que votre cheminement inspire l’espérance et l’unité pour tous.
La Présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen
Chers amis de Taizé,
Que cherchez-vous ? La question que pose le frère Matthew dans sa lettre revêt une importance particulière à votre âge, en tant que jeunes adultes. Mais je peux vous le dire par expérience : Cette même question se posera de nouveau, sous différentes formes, tout au long de la vie. Comment puis-je faire une différence ? Comment donner du sens ? Comment trouver un but ?
Dans le monde en constante mutation d’aujourd’hui, les défis auxquels nous sommes confrontés sont immenses. De la guerre en Ukraine aux souffrances à Gaza, du changement climatique à la hausse du coût de la vie, les crises semblent insurmontables, les injustices profondes et les solutions difficiles à trouver. Dès lors, où puiser l’énergie nécessaire pour continuer à œuvrer en faveur de la paix et du progrès ?
La lettre du frère Matthew m’a rappelé une histoire que je trouve profondément émouvante : celle de Dietrich Bonhoeffer, théologien et résistant dans l’Allemagne nazie. Certaines des prières et des poèmes qu’il a écrits en prison font aujourd’hui partie des chants de Taizé et des recueils de cantiques chrétiens. Dans les derniers jours de l’année 1942, alors que Bonhoeffer pressentait déjà que son arrestation pouvait être imminente, il écrivit : « L’optimisme n’est pas une illusion ni une lecture naïve du présent ; c’est une force vitale, une puissance d’espérance là où d’autres se résigneraient. (…) Il se peut que le Dernier Jour se lève demain ; alors seulement, nous mettrons de côté notre œuvre pour un avenir meilleur, mais pas avant. »
Quelle détermination et quel courage extraordinaires que de garder les yeux fixés sur l’horizon, même dans l’obscurité de la nuit. La foi de Dietrich Bonhoeffer l’a soutenu dans les temps les plus sombres. La foi en Dieu, mais aussi la foi en l’humanité, la foi en notre capacité à faire le bien, en l’indomptable force de notre esprit, en notre capacité à continuer d’avancer, même lorsque le chemin semble sans espoir.
Publié le 25 déc. 2025