Méditations mensuelles
Transmettre l’Esprit
2 Rois 2,1-15Parmi les diverses figures qui peuplent la Bible, il en est deux qui tiennent une place toute particulière, Moïse et Élie. Que les deux personnages réapparaissent aux côtés de Jésus quand il est transfiguré sur la montagne (Matthieu 17, 3) nous en dit long sur leur importance. À eux deux, ils résument les deux courants du témoignage biblique qui, pour les chrétiens, conduisent vers le Christ : la Loi (les cinq premiers livres de la Bible) et les Prophètes (les écrits de ces hommes inspirés qui rappellent à Israël l’amour de Dieu et ses exigences). Mais si la Bible les célèbre, c’est pour montrer qu’ils n’ont pas été seulement des hommes admirables. En vrais collaborateurs de Dieu, ils ont su inspirer d’autres témoins et ouvrir ainsi des chemins pour tout leur peuple. Pour cette raison, les récits concernant la fin de leurs vies tiennent aussi une place importante : Josué poursuit l’œuvre de Moïse et Élisée, celle d’Élie. Même moins novateurs, moins grands dans ce sens que les premiers, le rôle des seconds n’est pas moindre. L’œuvre bienveillante de Dieu ne se réalise pas grâce à des témoins isolés, mais comme par une étoffe tissée de témoin en témoin : des hommes et des femmes ne cessent de s’inspirer les uns les autres.
Au début du deuxième livre des Rois se trouve le récit du départ d’Élie (il s’en va, élevé au ciel dans un chariot de feu) et l’entrée en scène d’Élisée (il reprend le manteau d’Élie et poursuit son chemin de prophète). Ayant compris qu’il va bientôt partir, Élie demande à Élisée ce qu’il peut faire pour lui. « Que me revienne une double part de ton esprit, » lui répond Élisée (v. 9), ce qui signifie l’héritage du fils aîné. Si la demande peut paraître téméraire, son véritable sens est profond : Élisée sait voir en Élie non seulement son action, mais ce qui l’anime intérieurement. Il voit en lui un homme de Dieu. Pour Élisée, poursuivre l’œuvre d’Élie signifie être animé par le même souffle de Dieu. Dans la suite du récit, Élie invite Élisée à rester proche de lui. C’est dans la proximité que se vivra le passage d’un témoin à l’autre. Quand Élie est soudain enlevé au ciel, Élisée le perçoit et, en signe de douleur, déchire ses vêtements (v. 12). Mais c’est au même moment qu’Élisée voit le manteau d’Élie tomber à terre : en le prenant sur lui, il prend la suite de son témoignage.