Méditations mensuelles
Une alliance libératrice
Exode 34,1.4-10Dieu a appelé Moïse pour faire sortir le peuple de l’esclavage. Le peuple a ainsi été libéré et Moïse le conduit à travers le désert, vers la terre promise. Mais la vie n’y est pas facile, à l’aridité du désert s’ajoute la complexité des relations sociales. Dieu donne alors à Moïse des indications pour aider le peuple à vivre en paix, en harmonie avec Dieu et avec la création. S’il suit ce chemin indiqué par Dieu, le peuple trouvera le bonheur. Ces indications ne veulent pas contraindre ou limiter la liberté des gens, mais leur donner des repères pour les aider à vivre avec responsabilité leur liberté retrouvée.
Dieu écrit ces commandements avec son doigt sur des tables de pierre, qu’il remet à Moïse sur le mont Sinaï. Quand Moïse redescend de la montagne, il trouve le peuple tellement égaré loin de Dieu qu’il se fâche et brise les tables de la loi. Mais les indications de Dieu ne seront pas perdues à jamais. Dieu est « patient, d’une immense et fidèle bonté » et il va refaire les tables avec Moïse. Cette fois, Moïse ne reçoit pas les tables toutes faites, il est invité à les tailler. Il doit s’engager davantage, Dieu lui demande sa collaboration pour reconstituer les tables brisées.
La Bible ne présente pas un monde idyllique ni un peuple parfait. Elle nous parle de la réalité de la vie avec ses difficultés, les incompréhensions humaines, les fautes du peuple. Par amour, Dieu « supporte les fautes », mais elles ne sont pas sans conséquence. Dieu ne peut pas « tenir le coupable pour innocent ». Dieu intervient, il « visite celui qui a péché », ainsi que ses descendants. Dieu nous rend visite pour que nous assumions les conséquences de nos fautes, les nôtres et aussi celles de ceux qui nous ont précédés et ont détruit quelque chose de l’harmonie qui nous avait été donnée. Dieu veut ainsi nous aider à rétablir autant que possible l’harmonie brisée.
Même si nous sommes mal à l’aise avec cette idée, le mal que nous faisons peut avoir des conséquences pour d’autres générations. Pour l’admettre, il suffit de regarder les blessures profondes qui ont marqué certains peuples ou les catastrophes environnementales que nous continuons de provoquer.
Ce passage veut surtout souligner l’énorme disproportion : les conséquences du mal que nous faisons sont limitées à quelques générations, tandis que la bonté de Dieu « se manifeste jusqu’à mille générations », elle est infiniment plus grande. Nous pouvons donc nous approcher de Dieu avec confiance, il est « compatissant et bienveillant ». Le texte ne nous dit pas d’ignorer le mal ou de faire semblant qu’il n’existe pas, ce serait naïf et irresponsable. Il nous invite à prier comme Moïse : « Seigneur, viens nous accompagner. Pardonne nos péchés et nos fautes. »
Toujours prêt à pardonner, Dieu accueille la prière de Moïse, il ne va pas procéder à un châtiment, mais offrir une alliance. Dieu s’engage dans cette alliance et il le fait sans poser de conditions. Comme à Moïse, Dieu nous offre son alliance aujourd’hui, à chacun de nous. Sommes-nous prêts à l’accueillir ?