Méditations mensuelles
Choisis et aimés de Dieu
Deutéronome 7,7-9Dans la Bible, il existe des passages qui résument, en peu de lignes, un enseignement fort et essentiel. Un tel passage se trouve dans le septième chapitre du livre du Deutéronome. S’adressant à l’assemblée du peuple d’Israël, Moïse dit comment Dieu « s’est attaché » à eux et les a « choisis ». Dieu les a « délivrés » de la servitude et il gardera son amour pour ceux qui « l’aiment et qui gardent ses commandements ».
« S’attacher », « choisir », c’est unir sa vie à celle d’un autre. C’est partager le sort de quelqu’un parce que nous voulons son bien, parce que son avenir compte à nos yeux. Ce qui a motivé cet attachement de Dieu, dit Moïse, c’est l’amour, un amour qui sait regarder au-delà des apparences, car Israël n’était pas un peuple puissant ou prestigieux, mais plutôt modeste, « peu nombreux » dit la suite du texte.
« Délivrer » : Dieu a montré son amour par un retournement de destin, par un acte de libération. Au moment où ce peuple aurait pu disparaître dans les méandres de l’histoire, sa vie s’est soudain transformée et il a été délivré. Moïse dit que Dieu a gardé ainsi « le serment juré à vos pères » (v. 8), référence au livre de la Genèse et à l’histoire d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Cet amour n’est pas d’un instant, il sait durer et tenir bon.
« Aimer Dieu et garder ses commandements. » Pour qu’il y ait amour véritable, il doit y avoir réciprocité. L’amour de Dieu appelle une réponse. Cette réponse, selon les mots de Moïse, a comme deux versants. D’un côté, « aimer Dieu » : être aimé de Dieu conduit à reconnaître l’amour, à aimer la source vivante de tout amour, Dieu lui-même. De l’autre côté, « garder ses commandements » : se laisser aimer par Dieu conduit à aimer les autres, à aimer comme il aime. Dans la Bible, les appels à aimer Dieu et l’autre seront toujours liés, comme en témoigne ce texte, c’est le souvenir d’un peuple précaire pourtant aimé et sauvé. C’est que l’amour de Dieu se reconnaît d’abord à notre attitude envers le faible, envers ceux qui sont sans défense.