Méditations mensuelles
Choisis la vie !
Deutéronome 11,18–21Ce texte nous vient d’un temps où les grands moments de la royauté de David et de Salomon sont depuis longtemps passés. La puissance d’Israël est en déclin. L’existence même du peuple dans la terre promise se trouve menacée par les puissances étrangères.
Dans cette situation de crise le livre du Deutéronome propose un retour aux fondamentaux, à la parole de Dieu, à ses lois et ses commandements. Il met en scène Moïse au moment où le peuple va entrer dans la terre promise et rappelle les moments-clés de l’alliance entre Dieu et son peuple : la libération d’Égypte, le don des commandements, les épreuves du désert, les infidélités du peuple et la fidélité de Dieu.
Ce livre met le peuple en garde contre deux tentations de la prospérité en terre promise. Il les prévient, ne dites pas « c’est ma force »qui m’a obtenu cette prospérité (8,17), et ne dites pas non plus « c’est à cause de ma juste conduite » que le Seigneur m’a récompensé (9,4). Autrement dit, il présente comme un danger de penser que ce que l’on a, on l’a obtenu par soi-même et qu’on l’a mérité ou qu’on y a droit.
La loi développée dans les chapitres 12–26 entend surtout purifier le culte de Dieu et protéger les plus faibles. Face à la tentation de compter sur d’autres « dieux » et finalement sur soi-même, elle invite à faire confiance à Dieu seul. Face au danger de penser que quelque chose nous revient de droit, elle réclame une attention à celui et à celle qui est moins fortuné(e) que nous.
Ce sont les paroles de cette loi qui, selon notre passage, doivent marquer intimement toute la vie et en devenir extérieurement le signe. Étant transmises à la génération suivante jour et nuit, dedans comme dehors, elles doivent imprégner la vie familiale et sociale pour donner à l’existence la stabilité de Dieu, qui par sa parole a fixé les cieux au-dessus de la terre et les y maintient.
Dans une situation où le peuple sent que sa prospérité et la stabilité de son existence sont menacées, le Deutéronome l’invite à écouter les paroles de Dieu, à lui faire confiance et à partager avec les plus pauvres. Dans une situation de crise, l’ouverture à Dieu et aux autres peut être un chemin pour éviter les réflexes de protection égocentriques et le repli sur soi qui conduit à la mort.
Oublier Dieu et ne penser qu’à soi-même ou écouter ses paroles et s’ouvrir aux autres, pour l’auteur il s’agit là d’un choix entre bénédiction et malédiction (11,26). Il exhorte le lecteur à choisir la vie (30,19), et il lui dit que c’est un choix à sa portée : la parole qu’il l’invite à mettre au centre de sa vie, n’est pas à chercher au-dessus des cieux, mais se trouve dans la bouche et le cœur de l’homme pour être mise en pratique (30,11-14).