Méditations mensuelles

Avril 2016

Dépouiller le vieil homme, vivre en ressuscités

Colossiens 3,5-11
Faites donc mourir tout ce qui est terrestre en vous : l’immoralité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et l’avarice (car l’avarice, c’est de l’idolâtrie). Ce sont de telles fautes qui attirent la colère de Dieu sur ceux qui s’opposent à lui. Voilà comment vous vous conduisiez autrefois quand votre vie était dominée par ces péchés. Mais maintenant, rejetez tout cela : la colère, l’irritation et la méchanceté. Qu’aucune insulte ou parole grossière ne sorte de votre bouche. Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous avez abandonné votre vieille nature avec ses habitudes et vous vous êtes revêtus de la nouvelle nature : vous êtes des êtres nouveaux que Dieu, notre Créateur, renouvelle continuellement à son image, pour que vous le connaissiez parfaitement. Il n’importe donc plus que l’on soit non-Juif ou Juif, circoncis ou incirconcis, non civilisé, primitif, esclave ou homme libre ; ce qui compte, c’est le Christ qui est tout et en tous. Vous faites partie du peuple de Dieu ; Dieu vous a choisis et il vous aime. C’est pourquoi vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience. (Colossiens 3, 5-12)

Comment vivre en ressuscités ? On pourrait formuler le contenu de ce passage de la lettre de saint Paul aux Colossiens comme une réponse à cette question. On le saisit bien si l’on garde en tête les prémisses posées au premier verset du chapitre 3 : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ... ». Paul ne fait que dégager les conséquences de ce fait. C’est comme s’il disait : « Puisque vous êtes ressuscités, voici comment vivre en ressuscités ». Or, il y a une manière de mener son existence qui relève plus de la mort que de la vie. Il y a une manière de vivre « selon la mort » et il y a un art de vivre « selon la vie », accordée à la vie, orienté vers elle. « Dépouiller le vieil homme » signifie abandonner, laisser derrière soi, ce qui n’a pas d’avenir, ce qui est incompatible avec la vie. Le sens de la personne, rehaussé incomparablement par la résurrection, appelle des comportements nouveaux dans tous les domaines. Il empêche de traiter les autres comme s’ils étaient des objets.

Dans quelle mesure le rite du baptême a-t-il joué un rôle dans l’emploi de l’image du dépouillement et plus généralement dans celle du vêtement, qui revient de façon positive dans les versets 10 et 12 ? Nous ignorons si à l’époque de Paul existait déjà le rite de se dévêtir entièrement avant d’entrer dans l’eau du baptême et de recevoir ensuite un vêtement neuf à la sortie des eaux. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucun doute qu’ici Paul pense au sens du baptême.

Le poète américain Wendell Berry fait écho à Paul lorsqu’il invite ses lecteurs à la « pratique de la résurrection (« to practice resurrection »). On peut pratiquer un métier, une profession, un sport ou un art. Que pourrait bien signifier s’exercer à vivre en ressuscités ? La fin du texte le dit clairement : « …vous devez vous revêtir d’affectueuse bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur et de patience ». Les qualités humaines que Paul énumère ont ceci en commun : elles rendent possible et harmonieuse la vie avec d’autres, la vie en communauté. C’est là une constante chez Paul : la vie nouvelle se rend visible dans la qualité des relations humaines. La patience dont il est question est celle qui est requise dans la vie avec les autres. Mais toutes ces vertus sont des caractéristiques de l’amour (1 Corinthiens 13) dont Paul va parler deux versets plus loin. Cela ne va pas tout seul, puisque ce qui appartient au « vieil homme » s’accroche encore et peut mettre en péril la vie de la communauté. Ne plus avoir peur des autres, de leurs faiblesses, de leurs limites (ou de leurs forces !), c’est entrer dans la résurrection. Appartenir au monde de la résurrection, c’est ne plus vivre dans la peur. Ou, plutôt, c’est laisser ses peurs se convertir jour après jour par la surabondance qui est donnée dans le Christ. C’est apprendre à vivre « selon » cette surabondance. Dans le Christ ressuscité, il y a une place pour chacun. Et chacun prend place dans cette vie mystérieuse où sont rendues obsolètes les catégories que les humains instaurent pour diviser et fragmenter. Ne subsiste alors qu’un Visage qui contient toute la merveilleuse diversité voulue par Dieu : « le Christ : il est tout et en tous ».

01
Quels « exercices » de résurrection peut-on imaginer à la lumière de ce texte de saint Paul ?
02
Que nous disent les mots à la fin du texte sur l’appel à vivre en ressuscités dans le quotidien ?

Méditations récentes

Mai 2026

Élargir nos amitiés

Actes 2,1-11

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! »

Novembre 2025

Trouver notre chemin

1 Samuel 3, 1-10

Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

Octobre 2025

Donner, prier, jeûner

Matthieu 6:1-6,16-18

Jésus dit : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.(...) Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »