Méditations mensuelles

Avril 2010

Proclamer le Dieu inconnu

Actes 17,22-34
Paul, debout au milieu de l’Aréopage, dit : « Hommes d’Athènes, je vous trouve à tous égards extrêmement religieux. Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j’ai même découvert un autel avec cette inscription : À un dieu inconnu ! Ce que vous révérez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce. « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme  ; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses. Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure  ; il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. C’est ce qu’ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : Nous sommes aussi de sa race... « Ainsi donc, étant la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l’or, à de l’argent, ou à de la pierre, sculptés par l’art et l’industrie de l’homme. Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts... » Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. Ainsi Paul se retira du milieu d’eux. Quelques-uns néanmoins s’attachèrent à lui et crurent, Denys l’aréopagite, une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux. (Actes 17, 22-34)

Ce discours que l’apôtre Paul a prononcé devant des philosophes à Athènes est devenu célèbre. Parmi les textes de la Bible, il est en effet l’un des seuls à décrire un contact explicite entre les deux grandes sources des civilisations de l’Occident que sont Athènes et Jérusalem. Que l’annonce du Dieu biblique se fasse dans le lieu de naissance de la pensée philosophique, c’est en soi un événement. Mais le plus frappant reste encore le style insufflé par Paul.

Un juif vient à Athènes annoncer « Jésus et la Résurrection ». Le choc culturel doit être immense. Et Paul ne mâche pas ses mots en critiquant les idoles. « Hommes d’Athènes, je vous trouve à tous égards extrêmement religieux. » : comment ne pas lire, au-delà du compliment, une légère pointe d’ironie ?

Malgré le choc, la prédication de Paul est magnifique. Sans effacer la part de confrontation inhérente à l’annonce de quelque chose de radicalement nouveau, il fait preuve d’une rare capacité d’adaptation : il cherche un détail dans la vie des gens à qui il s’adresse qui lui permette d’ancrer son annonce dans leur contexte de vie (l’autel du Dieu inconnu) ; il cite les poètes grecs (« Car nous sommes aussi de sa race ») ; il transcrit la théologie biblique en catégories philosophiques (« en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être »).

Cette volonté de prendre au sérieux le contexte des auditeurs, on l’appellera plus tard dans la vie de l’Église « inculturation ». Ce que Paul fait là en constitue l’un des exemples les plus osés.

S’adapter ne signifie pas tronquer une part de vérité. Paul va malgré tout au cœur du message biblique. Il va vite, mais résume bien : affirmation de la Seigneurie de Dieu sur toutes choses ; don de la vie à l’être humain ; venue d’un homme qui ouvre les portes du pardon.

Dans les sociétés où les chrétiens sont en minorité, le fait de s’afficher comme croyant peut être vécu douloureusement. Au mieux, quand on nous interroge sur l’espérance qui est en nous, arrivons-nous à balbutier quelques mots savamment choisis pour ne pas choquer l’interlocuteur. Et pourtant, comment dire une Bonne Nouvelle si on lui enlève toute part de nouveauté ?

L’annonce de la foi que Paul fait à Athènes se solde finalement par un échec. La plupart de ses interlocuteurs ne l’écoutent même pas jusqu’au bout : « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. » Paul annonce grand et récolte apparemment peu. C’est comme dans la parabole du semeur, où beaucoup de grains tombent à côté de la bonne terre. « Quelques hommes cependant s’attachèrent à lui et embrassèrent la foi. » Et si ces « quelques-uns » valaient finalement tous les efforts ?

01
M’arrive-t-il de parler sans gêne de ma foi ?
02
Quels aspects de la foi sont particulièrement difficiles à saisir par nos contemporains ?
03
Peut-on ne pas escamoter la part de provocation nécessaire à l’annonce d’une Bonne Nouvelle sans pour autant éloigner les interlocuteurs ?

Méditations récentes

Mai 2026

Élargir nos amitiés

Actes 2,1-11

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! »

Novembre 2025

Trouver notre chemin

1 Samuel 3, 1-10

Le jeune Samuel assurait le service du Seigneur en présence du prêtre Éli. La parole du Seigneur était rare en ces jours-là, et la vision, peu répandue. Un jour, Éli était couché à sa place habituelle – sa vue avait baissé et il ne pouvait plus bien voir. La lampe de Dieu n’était pas encore éteinte. Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu. Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher. » L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. »

Octobre 2025

Donner, prier, jeûner

Matthieu 6:1-6,16-18

Jésus dit : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.(...) Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »