Méditations mensuelles
Un Dieu pèlerin
2 Samuel 7,1-8,16Le grand roi David a bien accompli sa tâche pendant la première période de son règne, en écartant les ennemis d’Israël et en établissant ainsi un espace vital où le peuple pouvait respirer dans la tranquillité. Ensuite commence un temps de « repos », ce qui ne veut pas dire passivité et somnolence, mais une ère de shalom, de paix active et de plénitude.
Dans ce temps de paix, le roi cherche ce qu’il pourra faire pour remercier Dieu et pour assurer à la nation les bénédictions divines. Il décide de construire une maison pour le Seigneur, plus précisément pour abriter l’arche de l’alliance, le coffre qui naguère accompagnait le peuple dans tous ses déplacements. Dans un premier temps, le prophète Nathan approuve le projet du roi. Mais à travers un rêve, le Seigneur fait comprendre à l’homme de Dieu qu’une telle entreprise, même réalisée avec les meilleures intentions du monde, contredirait en fait l’identité de ce Dieu qui n’est pas comme les autres.
À la différence des divinités dans le monde environnant, le Dieu d’Israël n’est pas installé dans un endroit précis, un sanctuaire où il faut venir pour le rencontrer. Il est un Dieu pèlerin, toujours en route pour conduire les siens vers une vie plus grande. Vouloir lui construire une demeure, ce serait en quelque sorte le clouer au sol, lui enlever sa liberté d’indiquer le chemin qu’il faut suivre.
Il n’est pas facile pour nous de laisser à Dieu cette liberté. Nous préférons de beaucoup un dieu dont nous gardons la maîtrise, un dieu que ne nous dérange pas trop parce que nous comprenons ses façons de faire. Un dieu trop « compréhensible » risque pourtant de devenir une idole, une simple confirmation de nos desseins préconçus. Le Dieu de la Bible, par contre, reste imprévisible, insaisissable, il fait appel à la confiance même quand tout est noir. Si nous renonçons à bâtir une maison pour Dieu, nous recevrons dans la foi la certitude que c’est lui qui nous bâtira une maison « pour toujours ». Nous découvrons qu’il reste fidèle et ne cessera de nous conduire, par des chemins connus à lui seul, vers une terre promise au-delà de ce que nous pourrons rêver ou espérer.