Méditations mensuelles
Une seule famille humaine
Éphésiens 2,14-22Au cours de l’histoire, les Juifs ont prêté une grande attention à leur spécificité en tant que peuple de l’Alliance. En divers domaines de la vie, ils soulignaient souvent leurs différences par rapport aux peuples et religions environnants, afin de garder leur identité de peuple élu et être un signe pour le monde. Cette attitude les exposait parfois à l’incompréhension et même l’hostilité des autres.
Au début de l’histoire de l’Église, St. Paul déclare que, grâce au Christ, le mur qui sépare les peuples n’existe plus. Accablé de peines, le Christ ne menaçait personne (1 Pierre 2, 23). En montrant son amour jusqu’à mourir sur une croix, « il a tué la haine » (v.16). C’est le Christ lui-même qui fait la paix, en réconciliant tous les humains – Juifs et païens – avec Dieu et, par conséquent, entre eux. Ainsi, au-delà de toute forme de séparation et de haine, une nouvelle humanité est née dans le corps du Christ.
Or, selon St. Paul, ce corps, c’est l’Église, la communauté de ceux qui suivent les traces du Christ. Les apôtres et les prophètes (v.20) sont les premiers témoins du Christ sur lesquels cette « maison de Dieu » est bâtie. Chaque croyant, quelle que soit son origine, en est un membre à part entière. Quand les chrétiens vivent dans l’unité de l’amour, l’Église grandit comme un édifice de Dieu, un signe visible de sa présence dans le monde.
Ce texte ouvre de vastes perspectives. La réalité d’une seule famille humaine est un don de Dieu dans la foi. Au-delà des différences culturelles et économiques, en dépit de lourds fardeaux de l’histoire, les chrétiens peuvent et doivent témoigner de cette unité dans un monde toujours déchiré.