Méditations mensuelles
Abattus, mais non pas anéantis
2 Corinthiens 4,7-18Le mystère pascal, le passage à travers la souffrance et la mort vers une Vie nouvelle et éternelle, est au cœur de la foi chrétienne. Il a été manifesté en plénitude dans l’existence de Jésus de Nazareth, « désigné Fils de Dieu avec puissance… par sa résurrection des morts » (Romains 1, 14). Mais ce mystère continue à donner sens à l’existence de tous ceux qui marchent à sa suite. Dans ce texte, saint Paul décrit comment le combat entre la mort et la vie, avec la victoire de celle-ci, est toujours présent dans son existence quotidienne d’apôtre.
En cherchant à témoigner de la Bonne Nouvelle du Christ pendant ses voyages et lors de ses rencontres, Paul touche du doigt les résistances qui sont le lot de tous les amis de Dieu dans un monde qui a bien souvent d’autres priorités. Il interprète ces difficultés comme l’œuvre en lui des puissances de mort : c’est sa façon de connaître dans sa vie concrète (c’est le sens du mot « corps » dans le v. 10) la mise à mort de Jésus. Mais puisque, grâce à sa foi dans la résurrection du Christ, il est relié à une Vie plus forte que la mort, ses souffrances ne sont en dernière analyse qu’une occasion pour cette Vie de jaillir avec plus d’ampleur. Et bien souvent, ce sont les autres qui récoltent dans leur existence les fruits de cette vie donnée, tandis que Paul pour sa part n’en perçoit que la face sombre.
Ce qui rend possible cette œuvre de Dieu en lui, c’est sa propre vulnérabilité, ses limites humaines. Pour expliquer cela, l’apôtre emprunte l’image d’un trésor déposé dans un vase d’argile : les imperfections du récipient contribuent à rehausser l’éclat du contenu. Il faut en effet que « l’être physique » se décompose avec le temps, pour laisser toute la place à ce qui demeure – un être nouveau, transfiguré par l’Esprit de Dieu. Et alors une autre image, sous la plume de saint Irénée de Lyon, exprime mieux la réalité définitive : une liqueur de prix qui fait rajeunir le vase qui la contient.