Méditations mensuelles
Mettre la Parole en pratique
Jacques 1:19-27Dans ce monde où toutes sortes de messages affluent, la parole de l’Évangile devient parfois inaudible. Pour diverses raisons, l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ est devenue peu accessible à une grande partie du monde. Dans ce contexte, comment faire accéder nos contemporains à la Parole de Dieu ?
L’épître de Jacques, adressée aux communautés chrétiennes dispersées en dehors de la Palestine, est toujours d’actualité dans notre monde multiculturel, sécularisé et mondialisé. Il souligne l’importance des œuvres, c’est-à-dire de la pratique concrète de l’amour. Il ne s’agit pas de se contenter d’écouter la Parole, mais d’agir.
Jacques exhorte ses lecteurs à être « prompts à écouter, mais lents à parler ». On ne dira jamais assez l’importance de l’écoute pour construire et garder la paix à tous les échelons de la société. Cette vertu est encore plus demandée à ceux qui portent une responsabilité. « Lent à se mettre en colère » (v. 19) nous rappelle que « Dieu est lent en colère, abondant en amour » (Psaume 103, 8). Bien sûr, il peut y avoir une colère sainte et justifiable. On est en droit de s’indigner contre l’injustice faite aux faibles de la société, l’exploitation des innocents. Mais, quand nous sommes mal compris ou faussement accusés, le plus souvent la colère ne résout rien. Elle n’est bonne ni pour la relation aux autres, ni pour la paix de son propre cœur. Persévérer dans une relation au lieu de se mettre en colère prépare le terrain pour la Parole de Dieu.
La Parole, en effet, est déjà implantée en nous (v. 21). Il s’agit d’une Bonne Nouvelle : le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu, pour nous, en offrande (Éphésiens 5, 2). Nous pouvons donc vivre dans l’amour, puisqu’il nous a aimés le premier. Cette parole de vie et de vérité, il faut l’accueillir précieusement puisqu’elle peut nous sauver la vie (v. 21). Accueillir la Parole veut dire aussi la mettre en pratique. La méditer, la contempler ne suffit pas. L’épître développe plus tard la relation entre croire et agir (2, 14-26). Dans un langage différent de celui de saint Paul, Jacques dit que l’homme est justifié par ses œuvres et non seulement par sa foi (2, 24). C’est un thème qui, depuis la Réforme, a suscité beaucoup de polémiques et de divisions. Cependant, la position de Jacques n’est pas forcément en contradiction avec ce que dit l’apôtre Paul. Pour Paul aussi, « ce qui importe, c’est la foi agissant par l’amour » (Galates 5, 6).
Pour Jacques, la mise en acte de l’amour est étroitement liée au culte de Dieu (v. 27). La solidarité avec les pauvres est non seulement une demande éthique, mais aussi une façon de rencontrer le Seigneur, qui s’est identifié avec les plus petits (voir Matthieu 25, 40). On ne peut pas séparer action et prière, lutte et contemplation, solidarité et vie intérieure. La religion véritable n’est jamais une fuite des réalités de la vie. Pour Jacques, le refus de la mondanité va de pair avec l’engagement auprès des pauvres en détresse (v. 27).
Traduit en actions concrètes de l’amour, le langage de la foi peut redécouvrir sa force et sa signification. Ainsi, la parole de l’Évangile peut atteindre les cœurs des hommes et des femmes au-delà de nos Églises, elle peut changer leur vie.