Août 2015
Cet homme, c’est toi !
Un après-midi, après s’être reposé, le roi David se leva et alla se promener sur le toit en terrasse du palais. De là, il aperçut une femme qui se baignait. Elle était très belle. Il fit prendre des renseignements sur elle ; on lui dit : « C’est Batchéba, la fille d’Éliam et la femme d’Urie le Hittite. » David envoya des messagers l’inviter. Elle vint chez lui, il coucha avec elle, puis elle retourna chez elle. Or, elle venait de se purifier, à la suite de ses règles. Batchéba devint enceinte. Elle en avertit David : « J’attends un enfant », lui fit-elle dire. Aussitôt, David adressa l’ordre suivant au général Joab : « Envoie-moi Urie le Hittite. » Joab l’envoya. Urie vint se présenter devant le roi, qui lui demanda des nouvelles de Joab et de l’armée, ainsi que du déroulement de la guerre. Puis il lui dit : « Va chez toi et prends un peu de repos. » Urie quitta le palais et le roi lui fit envoyer un cadeau. Mais Urie ne se rendit pas chez lui ; il alla dormir en compagnie des soldats de la garde royale, près de l’entrée du palais. Lorsque David en fut informé, il interrogea Urie : « Voyons, tu viens d’arriver après un long trajet. Pourquoi ne vas-tu pas chez toi ? » — « Majesté, répondit Urie, l’arche du Seigneur ainsi que l’armée d’Israël et de Juda n’ont pour abris que des tentes ; le général Joab et tes officiers campent en rase campagne. Et pendant ce temps, moi, j’irais à la maison pour manger, boire et dormir avec ma femme ? Jamais de la vie je ne ferai une chose pareille, je te le jure ! » — « Bon, répondit le roi, reste encore ici aujourd’hui. Je te laisserai repartir demain. » Urie resta donc à Jérusalem jusqu’au lendemain. David l’invita à manger et à boire à sa table, et il l’enivra. Mais le soir, Urie alla quand même dormir avec les soldats de la garde royale, plutôt que de rentrer chez lui. Le lendemain matin, David écrivit une lettre à Joab et la confia à Urie. Il y disait : « Placez Urie en première ligne, là où le combat est le plus violent, puis retirez-vous en le laissant seul, afin qu’il soit atteint par l’ennemi et qu’il meure. » Joab, qui surveillait la ville assiégée, plaça donc Urie à l’endroit qu’il savait gardé par de valeureux soldats ennemis. Les défenseurs de la ville firent une sortie contre les assiégeants. Ils tuèrent quelques soldats et officiers de l’armée de David. Urie lui-même fut tué. (…) Lorsque Batchéba apprit que son mari était mort, elle prit le deuil. Mais quand le temps du deuil fut passé, David la fit venir chez lui. Il l’épousa et elle lui donna un fils. Mais ce que David avait fait déplut au Seigneur. Le Seigneur envoya donc le prophète Nathan auprès de David. Nathan entra chez le roi et lui dit : « Dans une ville, il y avait deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre. Le riche avait de grands troupeaux de bœufs et de moutons. Le pauvre ne possédait qu’une seule petite brebis qu’il avait achetée. Il la nourrissait, et elle grandissait chez lui, en même temps que ses enfants. Elle mangeait la même nourriture et buvait le même lait que lui, elle dormait tout près de lui. Elle était comme sa fille. Un jour, un visiteur arriva chez le riche. Celui-ci évita de prendre une bête de ses troupeaux pour le repas ; au contraire, il prit la brebis du pauvre et l’apprêta pour son visiteur. » David fut vivement indigné par cette attitude du riche ; il dit à Nathan : « Aussi vrai que le Seigneur est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort ! Puisqu’il a agi ainsi, sans aucune pitié, il remplacera la brebis volée par quatre autres brebis. » — « Cet homme, c’est toi ! répliqua Nathan. Et voici ce que déclare le Seigneur, le Dieu d’Israël : « Je t’ai consacré roi d’Israël. Je t’ai sauvé des attaques de Saül. J’ai livré en ton pouvoir la famille de ton maître Saül. J’ai mis dans tes bras les femmes de ton maître. J’ai placé sous ton autorité les peuples d’Israël et de Juda. N’est-ce pas assez ? Je pourrais encore en faire bien plus pour toi. Alors pourquoi m’as-tu méprisé en faisant ce qui me déplaît ? Tu as assassiné Urie le Hittite, oui, tu as tout organisé pour qu’il soit tué par les Ammonites, puis tu as pris sa femme et tu l’as épousée. Eh bien, dès maintenant, la violence ne cessera jamais de régner dans ta famille, puisque tu t’es moqué de moi en prenant et en épousant la femme d’Urie. Écoute bien ce que je te déclare : Je ferai surgir le malheur contre toi, du milieu de ta propre famille. Sous tes yeux, je prendrai tes femmes et je les donnerai à l’un de tes proches, qui couchera avec elles au grand jour. Car ce que tu as fait en cachette, je le ferai arriver en plein jour, à la vue de tout ton peuple. » David répondit à Nathan : « Je suis coupable envers le Seigneur, je le reconnais. » — « Puisqu’il en est ainsi, dit Nathan, le Seigneur te pardonne ; tu ne mourras pas. Seulement, dans cette affaire, tu as gravement offensé le Seigneur. C’est pourquoi ton enfant qui vient de naître mourra. » Puis Nathan retourna chez lui. (2 Samuel 11, 2-17.26-27 ; 12,1-15)